Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

05 février 2017

"Un coupable presque parfait" de Robin Stevens

Un coupable presque parfait de Robin Stevens

un coupable presque parfait

Résumé :

– Tu es sûre que nous ne devrions pas plutôt prévenir la police ?– Ne dis pas de sottises. Nous n’avons aucune preuve. Pas même un cadavre. On se moquerait de nous. Non, nous devons résoudre cette affaire toutes seules. Lorsque Daisy Wells et Hazel Wong fondent leur agence de détectives privés, elles espèrent débusquer une enquête digne de ce nom. Tout bascule subitement le jour où Hazel découvre la prof de sciences étendue dans le gymnase. Le temps d’aller chercher Daisy, le corps a disparu. Dès lors, il ne s’agit plus seulement d’un crime à résoudre mais d’un crime à prouver, et ce, avant que le coupable ne frappe de nouveau. Chaque minute compte lorsque tout indique que le meurtrier est là, coincé à vos côtés, dans l’école où vous vivez.

Mon avis :

Un coupable presque parfait est un livre pour enfant qui parle d'un meurtre dans un pensionnat anglais que deux petites filles vont tenter de résoudre. N'écoutant que leur courage et leur intelligence nos deux détectives vont devoir faire preuve de beaucoup d'audace et de courage pour retrouver le meurtrier avant qu'il ne frappe à nouveau...
Que la chose soit claire, cette situation est clairement irréaliste et il faut bien sûr ne pas s'attendre à quelque chose de complexe vu que c'est un livre pour des prè-ados. Donc pour commencer, je précise que je ne vais pas lui reprocher son improbabilité ni sa simplicité. De toute manière à quoi cela servirait vu que ce livre est quand même et malgré tout vraiment... vraiment... vraiment agréable à lire et cela pour deux raisons principales.

Première raison, à cause du duo que forme les deux amies. Une des fille est très réfléchi et donne à l'enquête sa notion de danger tandis que l'autre est très impétueuse et donne à l'enquête son action et son culot. Comme vous le voyez là on a un bon mélange de personnalité même si une domine l'autre. Ce qui d'ailleurs donnera aux jeunes lecteurs deux ou trois points de réflexion.

Et la deuxième raison vient de l'enquête menée par ces deux détectives en herbe et débrouillardes, et qui vont malgré les dangers découvrir le coupable. En effet et même si cette enquête est très simple et que la scène ne sort pas du pensionnat, faut admettre que cette intrigue est bien ficelée et tient en haleine son lecteur de tout âge.
Il y a dedans tout ce qui fait un bon policier ; des questions, des petits doutes, du courage, des fausses pistes, des petites embrouilles entres nos deux détectives, ainsi qu'une ambiance sévère (très pensionnat) qui peut ou pourra poser problème à l'enquête et où on verra nos deux détectives faire preuve d'ingiénosité pour la contourner.
Bref, pour toutes ces raisons c'est une lecture facile qui emporte son lecteur dans son histoire.

A côté de ça, l'autre plus du bouquin c'est l'écriture. C'est bien sûr très simple et d'un niveau accessible pour des prè-ados, mais en fait le plus important c'est que le livre ne souffre d'aucune longueur - et ça faut admettre que c'est important pour de jeunes lecteurs afin de ne pas les dégoûter de la lecture. Effectivement, l'auteur est arrivé à planter un décor et une enquête en restant sur l'essentiel et en développant juste le nécessaire à ces deux cas et cela sans que ça pose un seul problème pour l'immersion du lecteur dans le scénario. Génial !
Toutefois pour ceux qui ont peur de se perdre dans ce pensionnat par manque de description, sachez que le plan de l'école se trouve au début du livre et vous permettra de bien visualiser les lieux si jamais.

En conclusion, c'était une lecture vraiment sympathique même si elle est écrite à la base pour les jeunes. Et pour être honnête j'espère qu'il y aura d'autres enquêtes de ces deux détectives filous et surprenantes.

 

Merci aux éditions Flammarion jeunesse.


25 août 2016

"Les contes défaits" de Oscar Lalo

Les contes défaits de Oscar Lalo

les contes défaits

Résumé :

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.

Peau d'âme, noire neige, le petit poussé... Il était zéro fois... c'est ainsi que commencent Les contes défaits.
L'histoire est celle d'un enfant et de l'adulte qu'il ne pourra pas devenir.
Je suis sans fondations. Ils m'ont bâti sur du néant. Je suis un locataire du vide, insondable et sans nom, qui m'empêche de mettre le mien. La page reste blanche car tout ce qui s'y inscrit s'évapore.
Sans rien dire jamais de ce qui ne se montre pas, loin de la honte et de la négation, Oscar Lalo convoque avec ses propres mots, pourtant universels, la langue sublime du silence...
Et c'est en écrivant l'indicible avec ce premier roman qu'il est entré de façon magistrale en littérature.

Mon avis :

Passé les 10 premières lignes, les deux trois premières pages me furent désagréables à lire. Non à cause de l’écriture mais plutôt à cause de cette manie qu’à l’auteur à tourner en rond. De décrire un problème par mille tableaux.  Mais finalement passé cette mise-en-bouche, la lecture a décollé et je me suis retrouvée prise par l’histoire que raconte Oscar Lalo. Une histoire terrible, une histoire d’enfant détruit, d’une vie impossible.

Très vite on se rend compte que ce livre parle de pédophilie, de violence psychologique, d’absence parentale, on s’attend donc à trouver pour la suite du bouquin une ambiance pesante et des mots terribles, il n’en est presque rien. Si l’ambiance est militaire, morne, pesante ; l’écriture, elle, est pudique, imagée, mélodieuse, donnant ainsi une profondeur au personnage en lui accordant ainsi un côté vacillant. Un côté petit enfant fragile, qui retranscrit à merveille cet adulte qui n’a jamais su se construire, se détacher de son passé pour devenir un homme accompli.

Enfin, ce livre est un journal, le journal d’une descente aux enfers, l’enfant racontant succinctement  les faits de ses journées horribles passées dans un home, ces endroits où généralement les enfants écrivent leurs plus beaux souvenirs, les plus beaux contes ; mais comme le conte ne prend pas, le livre devient finalement une quête. La quête de lui-même, la quête de la vérité, la quête de la paix avec son passé. Afin d’avoir une vie, afin de ne plus avoir peur de vivre.

En résumé, ce livre n’est pas très facile à lire, l’histoire est sombre et le personnage est complètement perdu, mais il est raconté de manière tellement délicate qu’il en vaut le détour. C'est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas manquer.

 

Merci aux éditions Belfond.

18 août 2016

Suivons les pas des amants désunis

Romanesque de Tonino  Benacquista

Source: Externe

Résumé :

Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté.
Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour.
Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.

Mon avis :

Romanesque : le titre sied à merveille au contenu de ce livre. Ce livre mes amis, quel livre ! Quelle aventure ! Quelle inventivité ! Quelle lecture ! Sans pour autant être un coup de cœur – mais pas loin –, ce livre m’a enchantée par son histoire hors du commun et ô combien riche en trouvailles, évènements, surprises, et j’en passe.

Nous suivons l’histoire de deux amants qui dérangent par leur façon de vivre et de penser leur amour, punis sur terre comme au ciel et enfin aux enfers, ils devront traverser plusieurs épreuves qui calmeront la colère de dieu et le désarroi du diable devant son échec à les séparer.
Mais les épreuves stressantes et terribles de nos amants, qui traversent le temps et les continents avec ruse et force, n’est pas le seul point positif de ce livre. En effet, ce dernier m’a énormément plu par son côté légendaire. J’ai aimé voir comment l’imaginaire de l’auteur a pu concevoir la transcription des légendes qui peuplent notre terre. J’y ai trouvé un côté enfantin et très nouveau. Car on n’imagine pas les légendes s’écrire ainsi avec un parcours aussi fou.

Outre ceci, et dans cette chance que nos amants ont eu à parcourir le temps, j’ai aussi goûté cette petite critique de l’incertitude historique que l'auteur glisse par-ci par-là. Cette avance que les amants avaient sur elle et qui leur permettait de critiquer certaines choses était en effet sympathique à suivre pour l'étudiante en histoire et histoire d'art que je suis. Car cela montre qu'on ne peut pas tout savoir et que parfois l'Histoire comme les légendes s'écrivent avec des lambeaux d'histoire et de l'imagination, ce qui ne les rend pas forcément très fiables. Et ceci c'est un sentiment que je ressens souvent dans mes études, du coup comme ça me parlait, ben forcément j'ai apprécié.

Enfin, pour finir, je dois dire que l’élégance du livre vient aussi de nos deux amoureux. Alors certes, c’est un peu beaucoup niais une histoire d’amour, mais malgré cela j’ai trouvé du charme dans cette histoire. Nos deux tourtereaux qui s’aiment mal pour l’opinion et envers et contre tout sans pour autant être écœurant d’amour, sont attachants par cette envie de vivre simplement ensemble et la persévérance qu'ils y mettent.
De plus, d’un point de vue du caractère je les ai trouvé surprenants ; ils sont débrouillards, ne se démontent pas face à l’hostilité des vents ou des hommes, et surtout, ils savent ce qu’ils veulent. L’auteur ne remplit pas des pages en les faisant jouer la girouette, là ça reste un but, une idée et pas autre chose, et je dois dire qu’en plus des épreuves incroyables qu’ils traversent, ce but à atteindre qui ne varie pas d’un point et ce qui fait que j'ai été happée par le récit. Car je n'avais qu'une question en tête de toute ma lecture.

Malgré cet avis un peu dithyrambique, je le rappelle ce livre n’est pas un coup de cœur parce que certains passages à l’époque contemporaine ne m’ont pas emballée autant que ça, mais malgré tout, cette histoire d’amour servie à la fois par une plume commune, délicate et poétique, et qui nous propose de suivre des personnages hors du commun dans des épreuves hallucinantes, est une perle. C’est un livre de cette rentrée littéraire à ne pas rater. C’est du roman, de la nouveauté comme on aime. C’est Romanesque !

Merci à Babelio et aux éditions Gallimard.

 

Extraits :

"Vexés par l'insubordination des amants, les fâcheux s'en sont allés, mais déjà une ombre morbide et souveraine plane sur la scène. L'insolence s'efface par pudeur, l'heure n'est plus à la farce : on se meurt."

"Temps,
Toi qui m'oppresses depuis mon premier jour, toi qui me rappelles à chaque instant que tu m'octroies combien je suis mortel. Sache que dorénavant je serai lent quand tu voudras me hâter, et je perdrai plus mes heures à t'attendre quand je voudrai me hâter. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais. J'ai depuis ce jour bien plus de temps que tu n'en auras jamais."