Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

21 mars 2019

"Une nuit à Aden : tome 1" de Emad Jarar

Une nuit à Aden : tome 1 de Emad Jarar

Source: Externe

Résumé :

« Mon père pensait qu’on “naissait musulman” et qu’être musulman était un statut qui dépendait du Tout Puissant uniquement. Et comme pour se soumettre à ses propres certitudes, il s’était convaincu que l’Islam était irréversible en ce qu’il l’emportait sur quelque autre religion ; il était de ceux pour lesquels l’Islam ne se limitait pas au seul culte, entretenant l’idée qu’être musulman préemptait pour ainsi dire tout autre choix de conscience. Pour lui, le christianisme ne serait qu’un avatar illégitime de son propre héritage, puisqu’il était désormais représenté par la religion vraie et transcendante qu’était l’islam. Sa suprématie sur les autres religions ou civilisations, et cette sorte d’inviolabilité du statut de musulman, semblaient d’ailleurs apaiser ses craintes : elles étaient censées me protéger de toute manœuvre rusée de la part de ma mère. »

Ce roman en deux tomes, à l'intrigue palpitante d'émotion, raconte la jeunesse d'un Palestinien qu'un destin étonnant et une histoire d'amour hors norme conduisent à la découverte de lui-même, de sa conscience et de sa relation avec les religions de son enfance, l'islam et le christianisme. Par une introspection à la fois insolite et spirituelle, il nous décrit comment les élans de la divine Providence le mèneront d'Alexandrie à New York, puis à Sanaa, Aden, Djibouti et enfin Paris.
Il est né musulman, certes; mais sa raison défie à laquelle il se croyait enchaîné, occulte en fait la vraie nature de ce rite à l'emprise implacable sur un milliard et demi de fidèles...
Un récit captivant. Une réflexion morale et spirituelle sans concession. Une lecture de rigueur pour comprendre le rôle du Coran au XXI ème siècle et son emprise sur la pensée islamique confrontée à la vie moderne.

Mon avis :

Indéniablement ce livre a ce quelque chose qui fait qu’on doit le lire. Pas tant pour la forme, qui est à revoir, mais pour le fond qui découle d’une observation lucide, calme et intelligente. Quand on lit ce livre on voit que l’auteur est une personne qui s’interroge et raisonne.

Dans ma vie, j’ai lu plusieurs livres qui ont eu trait à l’islam ou qui ont abordé cette religion-politique dans leur approche d’une problématique. Ces livres étaient d’historien Guy Rachet, Jean Louis Harouel, de philosophe comme Hamid Zanaz, des témoignages et j’en oublie. En 2014, j’ai même lu le Coran ! Livre ô combien abject par sa violence, sa prétention, sa haine… Bref ! Tout ça pour dire, qu’au final je n’ai pas vraiment découvert grand-chose sur l’islam en lisant ce livre. La haine, ses appels au meurtre, le communautarisme, la paranoïa, son racisme, sa politique, son droit, j’ai eu l’occasion d’en prendre connaissance plus d’une fois et pour certains points comme le racisme musulman nous avons tous été plus ou moins concernés. Mais malgré cela, j’ai quand même appris certaines petites choses et j’ai adoré prendre connaissance de la vision de l’auteur.

Toutefois et même si j’étais grandement en terrain connu, j’ai apprécié ce livre pour sa base de connaissance et sa vision très réaliste de l’islam et du monde musulman qui est : très communautaire ; très arriéré ; manquant de tête pensante bien droite et de talent que l’islam a bridé ; peuple frustré prompte à accuser les autres de ses malheurs, et j’en oublie. Peu flatteur tout ça, je vous le concède. C’est en effet un état des lieux sans concession - dans ce tome 1 du moins -, que l’auteur fait sur cette population croyante qui vit encore de nos jours à l’âge de pierre, et qui rejette le progrès, la raison, l’égalité entre les hommes et celle entre les hommes et les femmes, la liberté de penser, la liberté de croire puisque l’on né automatiquement musulman et qu’il est impossible dans cette religion, sans risquer sa vie, de la rejeter. (Paix et amour on vous dit !)

"L’apostasie musulmane est sévèrement réprimée (généralement par la peine capitale) dans des pays tels que les monarchies du Golfe ou à un degré moindre, tous les pays où le droit est basé sur la Charia (quasiment tous les pays arabes hormis le Liban), mais également au Maroc, par certain juges qui s’inspirent de la Charia dans leurs décisions [...]"

Outre ce portrait peu flatteur mais vrai du monde musulman que j’ai énormément apprécié, j’ai aussi apprécié les réflexions que l’auteur avait sur la religion islamique à travers son personnage. Quand on lit ce livre, on voit que c’est un mec qui a pas mal raisonné sur les interdits, les règles, les notions… de cette religion ; et il va en profiter justement pour exposer ses arguments et les conséquences qu’il en tire. En quelques mots, il va montrer comment certaines traductions du Coran sont pour lui déformées au nom de la ruse (hila) et du mensonge (taqiya) encouragés par le Coran ; il va mettre en avant l’absurdité de certains versets, celui sur le voile était pas mal ; et il va critiquer la place trop prépondérante de la religion dans la vie du croyant et aussi le problème que pose cette religion par sa violence, sa haine de l’humain, sa peur de la vie, sa frustration qu’elle engendre, sa dictature, etc. (Et elle pire que les autres. Et les autres ce ne sont déjà pas des cadeaux.)

Mais croire qu’il ne critique que l’islam serait faux. En effet, l’autre point non négligeable du livre, c’est qu’il critique les occidentaux aussi. Leur aveuglement par rapport à l’islam (leur connerie de différencier l’islam de l’islamisme), et leur idiotie généreuse qui accepte toutes les attaques contre des droits durement acquis au nom de l’amour de l’autre. Quand bien même l’autre ne soit absolument pas amour, surtout pas envers ce qui n’est pas musulman et pas franchement non plus envers le mauvais musulman. Les textes sacrés musulmans sont très clairs là-dessus et les faits aussi, et au demeurant l’auteur insiste beaucoup dessus.
Mais cette critique du monde occidentale va plus loin, en montrant comment le monde musulman profite du génie des occidentaux alors qu’eux sont loin d’en être, ou encore en montrant à quel point l’islamophilie et la haine de soi (je parle de l’occidental) incitent la communauté des croyants musulmans à devenir très envahissante sur l’individu, le groupe, et le pays où il cherche à reproduire – ici dans des pays laïcs, démocratiques et libres – leur société archaïque, où l’homme et la femme sont les esclaves de dieu et sans raisons, puisque l’islam n’admet pas que l’homme ou la femme soient doués de raison et libre. Et pour l’islam et les croyants les plus fous, seul l’Umma est pure.
Pour en revenir aux occidentaux, cette observation de l’auteur qui est très juste montre à quel point, si on tire le fil de sa pensée, la mouise dans laquelle se trouvent les sociétés occidentales qui se voient remettre en cause par l’islam conquérant et qu’on laisse faire parce que ça fait chic d’être un idiot généreux et aveugle. Pire ! cette vision montre à quel point le musulman ne peut plus compter sur l’Occident, qui marche main dans la main avec l’islam, pour se décharger d’une religion envahissante qu’il ne veut pas forcément et le maintien dans une prison de carcans absurdes, dans un état d’esclavage à un dieu et une politique religieuse débile. Oui certains aimeraient bien pouvoir s’en dépêtrer, mais pour leur survie ce n’est pas conseillé, même ici !
Certes, on pourrait dire que ce monsieur grossit le trait, que tous les musulmans ne sont pas des intégristes. C’est vrai qu’il y a divers niveaux d’intégrisme. Mais comme l’islam modéré n’existe pas, Mahomet ayant lui-même légitimé la violence dans cette religion, franchement j’aurai tendance à dire qu’il ne grossit rien. Bien sûr, tous ne sont pas ainsi (même moi j’ai connu des musulmans qui mangeaient du porc et dénonçaient l’islam), mais ce « tous » est tellement une minorité qu’on ne peut pas fermer les yeux sur la majorité. Et pour moi c’est bien parce que ce « tous » est une minorité, que je veux mettre en avant l’intégrisme de la majorité. Car c’est cette minorité éclairée qui devrait être écoutée en Orient et en Occident, et c’est hélas celle que personne n’écoute et celle que personne ne protège même en Occident. Beaucoup de politiques, de médias occidentaux dit progressistes sont au contraire des rageux qui n’admettent pas que l’on n’accepte pas l’intégrisme de l’autre. C’est raciste, quand on les écoute, dans les faits c’est juste suicidaire mais ils sont trop bêtes pour s’en apercevoir…

Comme vous le voyez le sujet traité par ce bouquin est à charge contre l’islam et l’idiot, et l’auteur a raison d’adopter cette position, car laisser faire, ne pas s’interroger et méconnaître le problème est trop dangereux. Toutefois, on peut saluer aussi la lumière que l’auteur tente de mettre sur cette religion à travers son personnage qui est de double culture, chrétienne et musulmane, et aussi à travers l’approche de quelques courants musulmans mais pas stupides comme le courant mutazilite. C’était il y a des siècles, avant la Sunna et toutes les raisons politiques qui vont avec.

En résumé c’est un livre à lire pour le fond pas pour la forme, qui est je le rappelle à revoir même si ce n’est pas inintéressant, car il y a beaucoup de chose abordées (dont je n’ai pas parlé) et qui sont une bonne base de réflexion par rapport à l’actualité. Quant au tome 2 j’ignore complètement ce qu’il raconte, mais promis je vous en ferai part assez vite.

Merci à Babelio (d'autres avis et extraits) et à l'auteur. Lien Amazon.

Extraits :

"Je veux en venir maintenant à tous ces interdits qui assomment le croyant : ne crois-tu pas qu’ils tendent à traiter l’homme pareil à un animal, telle une créature dépourvue de sens moral ?" p.20

"Mais revenons un instant sur le port du voile dans le Coran. Fallait-il percevoir ces deux versets comme des commandements, des injonctions ? Leur lecture ne laisse pas cette impression, tant s’en faut. Il ne pouvait dès lors ne s’agir que d’une recommandation de l’Envoyé de Dieu, rien de plus. Il ne fut jamais donné par le Prophète aucun détail sur la tenue de la musulmane, hormis celle de ses épouses, lesquelles devaient se soustraire au regard des hommes. De telle sorte que, dans la société arabe du VIIème siècle, il s’agissait plus de préserver un ordre moral en public, une certaine décence. Certes, et quelle que soit d’ailleurs l’interprétation qu’on pouvait en retirer, pour autant le Coran eût jugé négativement toute libéralité des mœurs pour mieux condamner et la luxure, et la débauche, je me retenais toutefois de penser que l’archange Gabriel eût pu s’attarder sur des tenues vestimentaires ou des effets d’élégance féminine, dans ses révélations au Prophète. N’était-ce même grotesque de concéder à Dieu un thème aussi futile ? Comment pouvait-on croire que Dieu eût pu s’éterniser sur un problème aussi frivole pour jauger de la valeur de la vertu de l’homme sur terre. Fallait-il que l’on conditionne autant le sens moral de l’homme au port d’une étoffe pour la femme, et à sa façon de la porter ? Que valaient toutes ces contraintes vestimentaires pour la vertu de l’homme musulman, comme de la femme de les suivre ? Se couvrir le corps d’un jilbab ou d’un foulard (khimar) comme l’indique le Coran, ou bien encore la tête, un peu plus haut, un peu moins bas, en totalité : que tout cela paraît peu crédible ! Et je restais persuadé que cette histoire de voile, foulard, niqab, khimar, jilbab etc. étaient bien autre chose qu’une véritable révélation du messager. Compte fait, j’en venais à penser plutôt à des précisions et ajouts que les compagnons du Prophète ou leurs ascendants, et surtout d’autres personnes, avaient résolu d’inclure par la suite (pour former le corpus de la Sunna). Ceux-là avaient une idée en tête : prophétiser à leur façon la Révélation pour servir leur propre agenda politique ou sociétal."

"En parlant des ablutions. […] Il n’empêche, cet exercice, comme la plupart des nombreux rites collectifs de l’islam (le jeûne, le pèlerinage, l’immolation du mouton, l’aumône) n’a pas uniquement une fonction normative religieuse : il aboutit à l’intégration (corps et âme) complète de l’individu à la communauté des croyants. Une communauté solidaire, et selon les termes du Père Mohammed Abdeljalil, une ombrageuse ou agressive face à tous ceux qui lui sont étrangers… car ils doivent assistance et solidarité. Malheur à celui qui ouvre les yeux et sort de cette Communauté. En d’autres mots, ce rite honore cet esprit panurgique, grégaire, qui forme la trame confessionnelle d’intégration ou d’exclusion du croyant : une solidarité islamique qui constitue le liant symbolique par lequel l’individualité s’efface au profit de l’incorporation de chaque musulman au collectif, à la Communauté. En islam, le groupe prime sur l’individu, la foi collective sur l’individuelle, car le chemin du salut est plus évident à plusieurs." p.57

"N’épouse pas les femmes associatrices (chrétiennes, juives, polythéistes) avant qu’elles ne croient [se convertissent à l’islam], une esclave croyante vaut mieux qu’une femme associatrice… ne mariez pas vos filles à des associateurs (chrétiens, juifs) » (II,221)."

"A savoir, comment le musulman pourrait-il réconcilier l’obéissance au Coran et à la Sunna, avec le droit civil dans un pays où la base du droit n’est pas la Sharia ? De quelle manière un musulman pieux peut-il même envisager de s’intégrer et de respecter les principes et les lois de la société occidentale  où il a choisi de vivre, tout en suivant les préceptes du Coran et de la Sunna, alors même que l’Envoyé de Dieu lui ordonne de ne pas le faire ?
Et c’est effectivement  ce que l’Islam désire du musulman vivant en terre d’infidélité : organiser sa vie en marge de la société dans laquelle il aurait choisi de s’implanter (le communautarisme). Le Coran lui demande de se replier dans sa communauté et de lutter sous une forme ou une autre (Violence ou Fath, ou encore, Taqiya, Hila, Niya, mais également pacifiquement, par le truchement de l’immigration ou la natalité dans les démocraties occidentales) pour imposer l’islam en devenant le rite majoritaire. La difficulté d’intégration  de nous autres, musulmans, en territoire non-musulman (et vice-versa d’ailleurs), n’est jamais que la résultante de cette incompatibilité patente de notre dogme religieux avec les sociétés extérieures à l’Islam." P.137


14 avril 2016

"Moi, Charlemagne, empereur chrétien" de Max Gallo

Moi, Charlemagne, empereur chrétien de Max Gallo

 charlemagne

Résumé :

« Dieu a voulu que je sois celui qui décide. J’étais l’empereur, romain et chrétien. »

Au moment de remettre son âme entre les mains du seigneur, Charlemagne n’éprouve ni peur, ni doute, ni anxiété. Tout au long de ses quarante-six années de règne, le roi des Francs, couronné empereur à Rome le 25 décembre 800, a été le fervent défenseur de la Sainte Église. Il a converti à la foi tous les peuples qu’il a vaincus.

C’est avec soin qu’il prépare sa comparution devant Dieu, confiant les principaux actes de sa vie à un jeune et talentueux lettré, Éginhard.

À travers ce dialogue, Max Gallo révèle l’extraordinaire caractère, fait d’autorité et d’intelligence délicate, de celui qui construira à la fois l’Empire chrétien et les fondements de l’Europe. Il dresse le portrait d’un conquérant implacable mais aussi d’un fin réformateur, amoureux des arts, des lettres et des femmes, qui deviendra, pour tous les français, une figure incontournable de leur histoire.

Un récit saisissant qui plonge aux racines mêmes de la civilisation chrétienne.

Mon avis:

Le ton employé dans ce livre diffère des livres biographiques que j’ai pu lire de cet auteur précédemment. En confiant à Charlemagne le rôle de raconter l’histoire, Max Gallo se pose pour une fois en véritable conteur de l’histoire. Donnant ainsi un côté intime que les autres livres n’avaient pas particulièrement, et qui a eu pour effet immédiat de me plonger directement dans la vie de cet homme quand bien même cette histoire ne me fut pas inconnue. En effet j’ai déjà lu un livre sur Charlemagne de feu Jean Favier, en plus d’avoir vu quelques émissions sur le net de cet empereur ; de ce fait je n’ai pas découvert grand-chose sur ce dernier. D’ailleurs je ne rejoins pas forcément l’auteur sur le point de vue de Carloman et j’ai trouvé qu’il manquait certains éclaircissements.

Cependant malgré cela j’ai quand même apprécié grandement ce livre, déjà pour l’écriture - comme je le disais pour le côté intime qui nous plonge dans le cœur de cet homme - mais aussi pour le personnage. Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais déjà lors de ma lecture du Charlemagne de l'historien Jean Favier j’avais ressenti une grande sympathie pour l’homme, ben ce livre n’a fait que confirmer mon impression première.
Alors je ne doute pas que le portrait est plus que flatteur sous la plume de Max Gallo, mais toutefois j’ai retrouvé ce Charlemagne simple, aimable, droit, ferme, qui a une soif d’apprendre et de bien faire. Un Charlemagne qui me semble des plus agréables, quand bien même il fut roi guerrier.

Outre cela, j’ai aussi apprécié deux autres points dans ce livre, premièrement l’épilogue qui va montrer le germe de la naissance de quelques pays et la suite des Carolingiens, et deuxièmement cet amour de l’auteur pour l’histoire et son envie de la faire connaître et de la sauver, ce qui passe entre autre par le sauvetage de notre civilisation européenne.
Cette mise en garde – ici à la toute fin du livre-, les rappels du passé pour faire référence à l’époque actuelle, sont des idées qui reviennent souvent chez Max Gallo, par exemple dans La chute de l’Empire Romain c’était très présent, mais parce que j’aime l’histoire de France et du monde et parce que comme lui je regrette qu’au nom de la mondialisation et d’autres idées on la bafoue, j’apprécie de voir que derrière ses livres il y a cet idéal, même si ses portraits manquent d’objectivité.

En conclusion, c’était un livre fort sympathique à lire, qui ne manque pas d’émotion, mais parce que trop court pour une vie de Charlemagne je n’en fais pas un coup de cœur. Mais si vous voulez décanter le personnage c’est un bon début, allez-y.

 

Merci à XO éditions.

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07 février 2016

"La Bible racontée comme un roman" de Christine Pedotti

La Bible racontée comme un roman de Christine Pedotti

la bible racontée comme un roman

Résumé :

Racontée par Christine Pedotti, la Bible devient une véritable saga. Rien n’a été inventé, tout vient de ce texte sacré. Le résultat est lumineux :  des histoires que l’on croyait connaître, comme celles de Noé, Adam et Ève, Sodome et Gomorrhe, dont on découvre le vrai sens, et d’autres, enfouies dans les pages de la Bible, qui surgissent pour notre plus grand bonheur :  la ruse de Rébecca, le coup de foudre pour Rachel, la jalousie des frères de Joseph…

Pour les croyants, la Bible est la Vérité qui décrit la relation entre Dieu et les hommes. Mais elle est aussi le miroir de l’humanité, dans sa bonté comme dans ses côtés les plus sombres.

Mon avis :

Si la Bible était aussi agréable que cela à lire, y a longtemps –malgré mon mépris des religions- que le l’aurai lu, mais comme ce n’est pas le cas elle attend depuis des années sur mes étagères. Heureusement cependant que ce livre est là, afin de réparer en partie cette erreur.

Bien sûr il n’est pas question de découvrir toute la Bible d’un coup, il est en effet impossible de la résumer en 350 pages, voilà pourquoi l’auteure réduit le texte à son essentiel, ne s’attarde que sur les personnages et les scènes majeures, et s’arrête dans cette partie à la mort de Moïse ; mais malgré ces raccourcies et même si on n’a pas la suite, ce livre n’en reste pas moins extrêmement agréable à lire, et l’histoire de l’ancien testament un bonheur à découvrir ou à redécouvrir. En effet, Christine Pedotti a un don de conteuse incroyable, j’ai rarement vu des livres racontés de manière si réelle.
C’est simple quand elle raconte l’histoire on s’y croit. Mais ce n’est pas qu’on s’y croirait presque, on s’y croit carrément. On se sent dans le désert avec cette caravane de marchand qui chaque soir écoute un morceau de cette histoire autour d’un bon feu, on se croit en Canaan, en Egypte, dans le désert et on vit l’histoire de cet ancien testament comme si on la voyait se dérouler sous nos yeux. Bref ! On est totalement immergé dans cette histoire biblique.

Autre chose d’agréable dans ce livre c’est la découverte des personnages. Certes on les connait tous plus ou moins, mais pour celui ou celle qui n’en connait que le minimum - ce qui est mon cas pour certains – c’est amusant et sympathique de ne pas les voir comme on les imagine, pour ma part genre « trop bon, trop con ». (Comme c’est l’idée que j’ai de la religion chrétienne c’est forcément l’idée que j’ai des personnages fondateurs de celle-ci quand bien même qu’ils fassent parties de l’ancien testament.) En effet, ici on les découvre rusés, un peu sadiques comme Joseph, jaloux, plein de fiel, menteurs aussi, bien-sûr ils ont aussi leurs bons côtés, mais ce que j’ai apprécié avant tout c’est de voir que ces gens, quand bien même proches de Dieu, n’étaient pas parfaits, ils avaient leurs défauts et ma foi de dieu (bon ok j’arrête avec ça) que IL s’en contentait, lui-même ne se sachant pas parfait au demeurant.

Petite précision pour ceux qui en ont besoin en lisant la biographie de l’auteur ; Christine Pedotti, bien que visiblement croyante, ne véhicule pas le message cul-cul que l’on peut attendre de la Bible, tout comme elle n’essaye pas d’endoctriner les gens en disant « la religion c’est la vie ». En tout cas elle ne m’a pas laissée cette impression, même dans les commentaires de la fin, où elle donne des réflexions, des renseignements, sur le rapport entre la Bible et le croyant, la Bible et l’Histoire. Alors si vous aviez peur de ce genre de dérive, n’ayez crainte car il n’y en a pas.
Par contre j’avoue que même si ça été un coup de cœur, que je n’ai pas pu m’empêcher de rire devant cette fable, et je me demande vraiment comment on fait pour croire à cela. Aujourd’hui comme hier - et sincèrement c'est une vraie question que je me pose.

En résumé, ce fut une lecture coup de cœur que je recommande pour le plaisir de ce « culturer » un peu et pour le bonheur de la lecture que ce livre promet, et personnellement j’ai envie de dire vivement la suite.

 

Merci à XO éditions.

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25 juin 2015

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

"Le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde" de Collectif

le livre noir de la condition des chrétiens dans le monde

Résumé :

La religion chrétienne est aujourd'hui la plus menacée au monde. 150 à 200 millions de chrétiens (catholiques, protestants, orthodoxes) sont discriminés ou persécutés à travers la planète. Au Proche-orient, en Afrique subsaharienne, en Asie, les chrétiens sont la cible de groupes armés et d'organisations terroristes. Ils subissent aussi des pressions sociales et des répressions d'appareils d'État. Surveillance, intimidations, assassinats, " épuration religieuse " comme en Irak sur le territoire de l'État islamique : la condition des chrétiens provoque une inquiétude de plus en plus forte dans la communauté internationale. Plus qu'une question de liberté religieuse, cette hostilité grandissante compromet l'existence même d'une civilisation et de ses valeurs. Le sort des chrétiens interpelle non seulement les croyants, mais aussi les non-croyants, les intellectuels, les gouvernements et les organisations non-gouvernementales. Plus de 70 témoignages, reportages et analyses d'experts de 17 nationalités Dirigé par le français Jean-Michel di Falco, le britannique Timothy Radcliffe et l'italien Andrea Riccardi, le Livre noir de la condition des chrétiens dans le monde, coordonné par Samuel Lieven, regroupe les contributions des plus grands experts mondiaux : historiens, journalistes, observateurs, représentants d'oNG et personnalités religieuses. Un livre indispensable pour savoir et comprendre

Mon avis :

Ce livre a été écrit par 70 auteurs, et il réunit études et témoignages afin de nous faire découvrir la vie des chrétiens dans le monde, et plus particulièrement les persécutions dont ils sont victimes - puisqu’aujourd’hui les chrétiens sont les plus persécutés dans le monde, même si bien-sûr ce ne sont pas les seuls.
Maintenant, pour parler de ce livre je vais le couper en deux parties. Je vais mettre d’un côté les pays musulmans ou à forte majorité musulmane (qui tiennent la plus grande place dans le livre), et de l’autre côté, le reste.

 

Alors pour commencer et en ce qui concerne les pays musulmans on remarquera de suite à cette lecture que c’est là où les chrétiens sont les plus vulnérables aujourd’hui, et ce quel que soit le régime. Je veux dire par là qu’il soit extrémiste ou modéré, bien que dans le premier cas c’est pire que dans le deuxième. En effet, si dans le deuxième cas ils souffrent « seulement » de discrimination avec par exemple l’interdiction de faire certains métiers, d’injustice, d’inégalité, de décisions arbitraires venant des autorités comme avec par exemple le choix de la religion, de violence ; dans le premier cas ça va jusqu’à la conversion forcée, au massacre, en passant par la pratique cachée de la foi.

Pour continuer sur ces pays, ce livre va bien sûr s’avérer utile pour découvrir la vie des chrétiens en terre d’islam, mais s’avérer aussi utile pour découvrir une partie de l’histoire de ces nations et l’importance de l’identité musulmane sur ces pays. Une importance qui va jusqu’aux refus de considérer les minorités religieuses, jusqu’au refus de donner la liberté de religion notamment aux musulmans (à part la Tunisie aucun pays n’accepte la liberté de choisir sa religion, quand on est musulman on doit le rester à vie même si ce fut une erreur d'enregistrement à la naissance), et le refus d’égalité entre humains comme le montre la déclaration du Caire sur les droits de l’homme en Islam (1992).

Cela dit je dois quand même préciser, que dans certains pays la religion n’est parfois que le prétexte d’une lutte pour le pouvoir, et parfois que le prétexte pour régler des vieux comptes entre tribus. Même si bien sûr dans beaucoup d’autres cas le réveil d’un islam rigoriste ne cache pas la haine de l’occident et de ses valeurs, et sert aussi de protection afin de refuser le progrès sociales et le fonctionnement du monde, et ça c’est d’ailleurs une mentalité que l’on peut remarquer dans nos pays

 

En ce qui concerne le reste maintenant, c’est-à-dire les autres pays, les histoires contre les chrétiens sont par contre plus différentes et variées. En Amérique Latine se sont des mafias qui s’en prennent aux chrétiens et à leurs représentants, car ces derniers luttent pour la démocratie, l’éducation, l’égalité, la justice et les droits des plus défavorisés (ce que généralement les chrétiens font de partout). Alors qu’en Chine ou en Corée du Nord ce sont des régimes politiques dictatoriaux qui ont une approche particulière des religions, en voyant ça d’un très mauvaise œil soit parce que comme en Amérique Latine ils veulent amener la démocratie et les droits de l’homme, ou soit parce qu’il est interdit de vénérer autre chose que le dirigeant.

Cela étant les tensions religieuses existent aussi dans ces pays. En effet, on le voit par exemple avec les bouddhistes du Sri-Lanka ou en Inde, où là les chrétiens sont la cible préférés des hindouistes car ils sont non-violents et moins dangereux que les musulmans. Sans oublier que le pétrole et autres idées politiques jouent aussi un rôle dans ce dernier cas.

 

Cependant si des choses m’ont fait halluciner en lisant ce livre, je dois quand même dire que je ne suis pas tombée des nues à chaque fois. Certaines choses on les connait déjà où on s’en doute déjà, comme avec par exemple la Corée du Nord où on sait que les religions sont persécutées car seul le dirigeant doit être vénéré, ou encore avec la Chine où on se doute que ça ne passe pas très bien avec les chrétiens et le Vatican, quand on voit que ça ne passe déjà pas avec le Dalaï-Lama.
Idem aussi quant à la déclaration des droits de l’homme en Islam, à part le fait que j’en avais déjà entendu parler ailleurs, on sait que ça n’a rien d’étonnant quand on s’attarde un peu plus sur leurs mentalités, sur leur régime politique, et sur leurs textes sacrés qui sont loin de parler que d’amour, de paix, et d’égalité.
Bref, en lisant ce livre on ne sera pas toujours étonné. Cependant j’admets qu’une chose m’a déconcertée dans ces pages, et cette chose c’est cette propension des chrétiens à être non-violents. J’avoue que là-dessus je n’ai pas pu m’empêcher de les trouver stupides. En effet, j’ai beau ne pas aimer la violence, j’admets que je ne vois pas l’intérêt d’être non-violent dans des milieux violents et même barbares. Honnêtement prier, attendre un miracle, attendre que ça passe, ou « vouloir » jouer les martyrs je trouve ça bête.
Aussi bête que d'avoir besoin d'un livre pour dicter sa conduite en fait.

Bien sûr on peut me dire que répondre à la violence par la violence c’est stupide, ça l’est probablement -ou presque-, mais je trouve ça moins stupide que de subir sans rien dire et sans presque rien faire face à la violence et la haine. Alors tous ne sont pas dans ce cas-là heureusement, dans certains pays d’Afrique notamment, quelques chrétiens ne se laissent pas faire, mais beaucoup d’autres n’ont hélas pas compris cela. Certes le message évangélique rentre en ligne de compte dans ce comportement (si on leur donnait des armes ils les refuseraient) beaucoup restent aussi parce que c’est leur terre, par solidarité aussi, mais chez-moi ce n’est pas une raison suffisante pour subir sans rien faire de concret.

 

Bon là je parle surtout des persécutions, mais sachez que ce livre n’aborde pas que ce côté-là. A travers quelques passages il va faire un état des lieux plus général de l’espèce humaine et de nos sociétés, pour voir où tout cela peut mener.
Néanmoins, j’avoue que certains de ces passages m’ont parfois inquiétée quand par exemple ils disent que nos sociétés devront faire avec la religion (je prends ça pour une régression), quand ils ne m’ont pas carrément énervée par leur côté moralisateur.
Bon je ne dis pas que ce n’était pas intéressant, loin de-là !, j’ai même souvent partagé les opinions de ces auteurs, mais en toute franchise ça n’a pas toujours été le cas, par exemple avec certains passages sur les chrétiens en France (comme beaucoup je pense sincèrement que les agressions contre les chrétiens et leur lieux de cultes n’intéressent pas le gouvernement, et je précise que je ne suis pas croyante), ou encore avec un passage de la page 806.

A propos de ce dernier d’ailleurs, j’ai juste envie de dire que je n’ai pas envie de soutenir ni de comprendre les musulmans qui remettent en cause certains aspects de la culture occidentale qui selon eux dégradent la femme. Certes je suis d’accord une nana à poil et bourrée dans la rue à 2 heures du matin c’est lamentable (idem pour un mec en passant), mais comme elles ont choisi de faire la fête et de s’habiller très léger, je ne vois pas pourquoi on doit les blâmer. Sincèrement je ne vois pas en quoi c’est condamnable, vu que ce sont leurs choix et qu’on ne les a pas forcées à finir ainsi. A la différence des femmes musulmanes qui sont soit voilées de force ou qui se voile par « plaisir » parce qu’elles sont persuadées que c’est normal d’être victimes de la misogynie des garçons vu qu’elles ont été endoctrinées là-dedans, -  oui on ne me fera pas croire qu’on porte le voile par réel plaisir. Je ne peux en effet concevoir qu’on aime être esclave de pratique discriminatoire et de devoir payer la faiblesse des autres, là en l’occurrence l’esprit mal-placé des mecs. (A moins d'être compètement conne ?!)

Tout ça pour dire qu’en toute franchise, j’ai trouvé que par moment il y avait des choses trop bizarres et idiotes dans ce livre. Mais bon c'était à prévoir, car ça c’est une question de point de vue après-tout.

 

Alors cela est la partie importante du livre, mais il faut savoir que ce dernier met aussi en avant quelques lueurs d’espoir –pour celui qui veut y croire- en parlant par exemple de toutes ses actions qui sont entreprises pour que les chrétiens soient considérés dans ces sociétés où ils vivent, où en parlant des quelques rapprochements entre chrétiens et musulmans. Mais personnellement de ces côtés-là je n’attends pas grand-chose, mais qui sait ? Peut-être que l’avenir me surprendra.

 

En résumé c’est un livre que je conseille, car outre le fait que c’est une référence, il est très intéressant pour nous alerter sur une situation terrible et qui ne doit pas nous laisser indifférent qu’on soit athée ou croyant. Cela étant prenez parfois vos distances avec certains passages parce que certains de ces derniers pourraient vous agacer. Bon je n’oublie pas que c’est un terrible documentaire et non un simple roman, mais malgré ça je n’ai pas pu laisser de côté mes convictions et de trouver des choses bêtes de mon point de vue, même si ça était rare.

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22 mai 2015

"Vie de Jude, frère de Jésus" de Françoise Chandernagor

"Vie de Jude, frère de Jésus" de Françoise Chandernagor

vie de jude frère de jésus

Résumé : Tout commence avec la découverte d'une Vie de Jude dans un tombeau d'Abydos en Egypte. Le manuscrit est une traduction en copte de la vie du plus jeune frère de Jésus. Jude y évoque son frère, sa famille et leurs proches dans leurs faits et gestes avérés mais aussi dans leur humanité, avec leurs doutes, leurs failles. C'est là toute l'originalité de ce roman qui nous donne à voir le Christ de l'intérieur. Sous le regard de Jude, il est avant tout un homme, poussé presque malgré lui par des forces qui le dépassent. Et la magie opère : subtil alliage de véracité historique et d'intuition sensible, cet évangile apocryphe nous plonge au coeur d'une époustouflante reconstitution du monde antique. Comme Marguerite Yourcenar, Françoise Chandernagor maîtrise impeccablement ses sources, sans jamais en être prisonnière. Dans une langue aux accents bibliques aussi directe qu'évocatrice, elle ouvre des portes à notre perception spirituelle. On est ému, fasciné, certain de tenir entre ses mains un authentique manuscrit !

Mon avis :

C’est avec une sérieuse documentation et un esprit érudit toujours soucieux de rester au plus proche de la réalité et de la probabilité, que Françoise Chandernagor va nous faire découvrir la vie de Jude frère de Jésus, mais aussi celle de ses autres frères. 

Ecrivaine brillante, cherchant à rendre justice à ces personnages oubliés, c'est avec une plume maîtrisée que l'auteure va nous transporter avec son livre dans la Jérusalem d’il y a deux mille ans aux côtés des frères de Jésus, au temps du balbutiement du christianisme - même si l’on remarque assez vite que fonder une nouvelle religion n’était pas le premier but -, tout en nous immergeant à côté de cela dans cette région instable, et en nous faisant vivre la vie sous l’occupation romaine, le siège de Jérusalem, les coutumes et les rites religieux judaïques qui rythmaient la vie des juifs en ce temps-là, - et qui feront à eux seuls une bonne partie du décor et de l’ambiance du livre.

Cependant si pour le décor, l'ambiance, l'histoire, l'auteure est restée au plus proche des réalités, côté personnage là par contre Françoise Chandernagor a donné plus libre court à son imagination. Bien sûr Jacques, Simon, José, Jude, sont des personnages réellement historiques et ils étaient vraisemblablement les frères de chair et de sang de Jésus, par conséquent il ne faudra pas être étonné de la position de l’auteure à ce sujet ; mais comme les informations sont très succinctes à leur propos (sauf Jacques où on en sait un peu plus) l’auteure a laissé parler avant tout sa sensibilité et ses désirs pour donner corps aux personnages de ce roman, tout en gardant quand même une logique par rapport à ce que l’on sait. Et personnellement c'est une démarche que j'ai particulièrement appréciée, car si elle garde une certaine base elle en n’en a pas fait des mystiques pour autant - excepté Jésus bien sûr - mais plutôt des humains avec leurs doutes, leurs questions... Même s'il faut admettre que ça ne leur enlève pas leur côté naïf. (Désolée, je n’ai pas pu m’en empêcher de penser cela.)
Néanmoins le problème à ceci, c’est que l’on ne sait jamais trop comment se placer vis-à-vis de ces derniers. Qu’est-ce qui est fiction, qu’est-ce qui est réalité ? En effet, les deux sont tellement bien mélangés que, voilà, on ne sait pas trop sur quel pied danser.

Heureusement quand même qu’à la fin, soit après la lecture du roman, dans « L’atelier de l’auteur » (la partie que j’ai le plus préférée peut-être) Françoise Chandernagor resitue les choses pour le lecteur, mais bon pour l’atteindre il faut accepter de ne pas pouvoir être clairement positionné sur le récit pendant la lecture. (Oui on ne lit pas un livre en commençant par la fin. ^^)

Pour finir je voudrais dire que c’est un roman qui se lit facilement et qui possède un charme certain, Jérusalem c’est aussi fascinant que la Rome antique. Cela étant le récit peut parfois être un peu long, enfin sur un passage en particulier quand l’auteure parle de Paul, mais excepté cela je n’ai rien à dire de négatif sur ce livre. C’est un très bon roman aux accents de vérité.

Merci aux éditions Albin Michel.

Posté par Florell à 12:20 - Littérature - Commentaires [0] - Permalien [#]
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03 janvier 2015

"Le langage secret des lieux sacrés : des églises et des cathédrales" de Richard Stemp

"Le langage secret des lieux sacrés : des églises et des cathédrales" de Richard Stemp

le langage secret des églises et cathédrales

Résumé :

Découvrez les symboles et le sens qui se cachent dans la structure et les détails ornementaux des plus beaux édifices sacrés du monde.
Qui est le personnage représenté sur ce vitrail ? Quelle est la signification de ces motifs géométriques ? Pourquoi ces sculptures d'animaux terrifiants au milieu de tant de beauté ? Selon quel dessein la hauteur et la lumière furent-elles exploitées dans la nef ? Pourquoi un pélican pour rehausser ce lutrin ou un feuillage élaboré pour coiffer cas piliers ? Au Moyen Age, la mise en scène de ces symboles s'adressait à une population largement illettrée qui pouvait ainsi "lire" les récits dissimulés dans les églises et les cathédrales. Véritables supports d'éducation religieuse, ces lieux étaient un spectacle tel qu'ils savaient à la fois éblouir les croyants et nourrir leur âme. Pour nos contemporains, les édifices sacrés se réduisent souvent au génie de leur architecture. C'est précisément leur dimension spirituelle que cet ouvrage entend réhabiliter.
Le Langage secret des églises et des cathédrales offre des dés pour apprécier à leur juste valeur l'architecture, l'agencement et la décoration des lieux de culte chrétiens, et mettre en lumière leur signification sacrée. Pour les amateurs de symboles curieux de comprendre le sens caché de l'architecture religieuse, et pour tous ceux qui souhaiteraient pouvoir apprécier l'art chrétien à la lumière de ses secrets dévoilés, cet ouvrage richement illustré se révélera aussi instructif que passionnant.

° Un décryptage du symbolisme utilisé dans les églises et les cathédrales pour exprimer les différents aspects de la foi ;
° Une initiation au sens sacré de la structure, du mobilier et de la décoration des lieux de culte chrétiens ;
° Une exploration des édifices emblématiques du christianisme Notre-Dame de Paris, Saint-Pierre de Rome, Saint-Paul à Londres, la Sagrada Familia à Barcelone ;
° Un éclairage sur l'histoire de l'architecture chrétienne depuis les premières basiliques jusqu'aux oeuvres contemporaines.

Mon avis :

C’est le même genre de livre que celui sur les lieux sacrés, sauf que là s’est consacré aux églises, cathédrales et autres lieux chrétiens.

Ici comme dans les lieux sacrés, l’auteur va par de magnifiques photos et des schémas nous aider à mieux déchiffrer les églises et autres bâtiments, mais aussi par extension à mieux comprendre le christianisme puisque ce livre d’architecture va aborder la religion et sa symbolique aussi. Du sol au plafond, du narthex au cœur, des jeux de lumière jusqu’aux peintures, absolument tout va être abordé ici, en étant de surcroît magnifiquement illustré et expliqué par des photos (qui viennent majoritairement d’Europe d’ailleurs), afin que le lecteur ne se perde pas.

A côté de ça, ce qui est géniale, c’est que ce n’est pas qu’un livre qui parle de l’histoire chrétienne et de ses bâtiments.

En effet, à travers les constructions religieuses on retrouve l’Histoire avec un grand H, puisque cette religion (comme nombres d’autres religions) a marqué l’histoire et a forgé la politique de beaucoup de pays. Alors bien sûr ce n’est pas ce qui est mis le plus en avant ici, l’auteur survolant surtout quelques moments clés de cette dernière pour situer les changements, mais c'est bon à prendre malgré tout. 

Au final, mélangeant art, histoire et religion, ce livre est intéressant à lire car le lecteur va traverser sans peine les siècles du christianisme, tout en apprenant de ses symboles.

Extrait : Les bibliothèques étaient indissociables des monastères. Dans ces lieux voués à la prière et à la contemplation, la quête de la vérité était essentielle. Religieux et religieuses étudiaient donc les textes chrétiens, mais aussi profanes, afin de pouvoir en débattre. Les monastères préservèrent les précieux manuscrits anciens durant le Moyen-Âge, et quand les humanistes de la Renaissance s'intéressèrent aux écrits classiques, ils se tournèrent vers les moines pour les retrouver. Plusieurs bibliothèques sont toujours fréquentées par les chercheurs et parfois ouvertes au public. C'est notamment le cas à la Biblioteca Laurenziana de San Lorenzo, à Florence. [...] Page 64.

J'ai voulu mettre des photos du livres, mais je n'en ai pas trouvé sur le net. Désolée.

11 décembre 2012

"Comment Jésus est devenu Dieu" de Frédéric Lenoir

"Comment Jésus est devenu Dieu" de Frédéric Lenoir

Comment jésus est devenu dieu

Résumé :

« Pour vous qui suis-je ? » Cette interrogation de Jésus à ses disciples n’a rien perdu de sa force. Les Evangiles laissent planer un doute sur l’identité de cet homme hors du commun : est-il un prophète ? le Messie attendu par les juifs ? le Fils de Dieu ?
De nos jours, le christianisme est pourtant la seule religion qui affirme que son fondateur est à la fois homme et Dieu. Comment les chrétiens des premiers siècles ont-ils progressivement été amenés à affirmer la divinité de Jésus alors que lui-même ne s’est jamais identifié à Dieu ?
Comment, à l’issue de débats passionnés, furent élaborés les dogmes de la Sainte Trinité et de l’Incarnation ?
Quels autres regards ont été rejetés comme « hérétiques » lors de ces virulentes joutes théologiques qui ont coûté la vie à certains ?
Quel a été le rôle du pouvoir politique dans l’élaboration du credo chrétien à partir du IVe siècle et de la conversion de l’empereur Constantin ?
Écrit comme un récit, cet ouvrage captivant permet de comprendre la naissance du christianisme ainsi que les fondements de la foi chrétienne et pose avec acuité la question centrale : qui est Jésus ?

Mon avis :

J’ai lu ce livre dans le cadre de mon challenge loufoque et aléatoire. Les deux propositions étaient que le livre est la tranche blanche (ou dos du livre blanc) et que l’auteur soit un auteur des îles.

Pour en venir plus au livre maintenant, je dois dire qu’il n’a pas toujours était agréable et facile à lire. J’y ai certes beaucoup appris, mais je me suis beaucoup perdue dans les divers courants, conciles, gouvernements… Honnêtement, je n’aurais jamais pensé que la naissance du Christianisme avait été si compliquée et étrange voire sanguinaire.

Par exemple j’ignorai que Jésus avait eu selon les évangiles des frères et sœurs (où demi-frères, demi-soeurs, ou cousins, cousines on ne sait pas trop) qui ne le soutiendront pas forcément d'ailleurs, et que son message avait été si ambiguë et parfois même assez éloigné de ce que l’on pense. En effet même s’il a fait montre de sagesse, il a parfois eu un message assez violent comme le rapporte LUC (12,51) « Pensez-vous que je sois apparu pour établir la paix sur terre ? Non, je vous le dis, mais bien la division ». Étonnant n’est-ce pas ? Et c’est d’ailleurs un point que l’auteur va développer, dans ce livre. Qui était Jésus, quel était son message ? Chose qui est sûr c’est qu’il n’était pas un hippie ou un peace and love. Certes il a parlé d’amour, mais il n’a pas hésité non plus, à avoir des propos et gestes virulents pour dénoncer certaines dérives religieuses, ou le manque de respect de certains marchands et autres, envers un certain monument ; le temple de Jérusalem. Pourtant il a toujours eu ces faits et gestes, au nom d’un Dieu qui voulait une véritable bonification intérieure et non une pseudo sainteté sans grand valeur, ce qui le fera plus ou moins passer pour un blasphémateur.

Il est vrai que je ne crois pas en Dieu, tout du moins pas à un personnage au pouvoir incommensurable pas plus que je n’adhère à son message d’amour et de pardon universel. J’ai beau être une bouddhiste athée, j’ai encore assez de jugeote pour voir où mènera le pardon universel (à la liberté de recommencer, au crime et à l’anarchie), et j’admets que je ne crois pas à l’amour universel, pour moi c’est utopique. Pourtant il y’a quelque mois, j’ai acheté la Bible par curiosité car j’ai vraiment envie de savoir ce qu’elle raconte, et bien grâce à ce livre je sais aujourd'hui que je ne devrai pas voir Jésus comme un homme peace and love bien au contraire ! Tout comme je sais aussi comment je devrai aborder les 4 évangiles. J’ai en effet découvert que sur les 4 évangiles, 3 sont synoptiques (Saint Matthieu, Saint Luc et Saint Marc) elles possèdent donc des ressemblances mais aussi quelques divergences, et la quatrième écrite par Saint Jean qui possède plus un message mystique, et montre davantage la divinité de Jésus.

Autre point du livre que j'ai particulièrement apprécié découvrir, même si cela a été justement très dur à suivre, c'est la naissance du christianisme et des divers courants qui en a résulté. Je suis restée assez étonnée de voir autant d'ordre religieux. Je n'en imaginais pas tant !
Ensuite et toujours dans le domaine de la religion, j'ai trouvé intéressant de découvrir les discussions qui se sont étalées à travers les siècles ; celles où "les sages" discutaient et débattaient des écritures, de la naissance divine de Jésus, de son essence, du verbe... Voir qu'il y'a eu autant de débat m'a énormément plu je dois dire ; puisque cela montre quand même, - et même si je considère le dogme chrétien dictatorial et arriéré -, que les chrétiens ne sont pas partis du principe que les divers textes religieux sont tombés tout droit du ciel pour finalement être au-dessus de tout soupçon, ce qui peut être considéré aujourd'hui comme une démarche "évolutive" on va dire. (Bon je suis peut-être un peu méchante de dire qu'elle est arriérée, car elle a malgré tout fait son aggiornamento avec le fameux Vatican II.)

Après autre point du livre qui m'a permis de découvrir une chose méconnue du christianisme, et qui n'est pas négligeable de savoir, se sont les persécutions qu'ils ont eu à subir tout au long de l'histoire, au début de leur histoire disons, car où en sommes-nous dans l'échelle de l'humanité pour arriver à situer le christianisme ? C'est en effet étonnant de voir comment ces gens-là, ont été pourchassés pendant des siècles au nom des Dieux païens et du polythéisme, ou encore au nom d'autres raisons plus politique.
Ça sera finalement l'empereur Constantin, qui pour unifier son empire, en fera la religion d'état, en faisant quand même attention aux traditions anciennes. Cela dit cette démarche de christianiser l'empire continuera au-delà de la mort de Constantin, et cela ne se fera pas du jour au lendemain et pas sans heurt non plus.

En résumé c’est un livre que je recommande pour toutes personnes curieuses sur la vie de Jésus, même s’il n’a pas toujours été facile à suivre.

(Extrait épilogue)

 « Dieu se manifeste non pas à travers un texte mais à travers une personne : Jésus. Et, par sa vie, ses paroles et sa présence toujours actuelle, cette personne exprime la parole divine. Le Christianisme est donc une religion de la personne et de la présence.

Religion de la personne, il se doit d’attacher plus d’importance aux personnes qu’à la Loi : c’est tout le sens du fameux  épisode de Jésus face à la femme adultère (Jean 8). On lui amène une femme prise en flagrant délit d’adultère qui, selon la loi juive doit être lapidée. Jésus lance alors à ses accusateurs cette parole magnifique : « Que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » Bien que juif pratiquant, Jésus refuse d’appliquer la Loi à la lettre, car il considère d’abord la personne en face de lui. 

[…]

 Religion de la présence –présence du Christ dans le cœur des fidèles -, le christianisme a une dimension éminemment affective. Il est sensible, favorise l’expression émotionnelle, la communication. Religion de la personne et de la présence, le christianisme est par excellence la religion de l’amour. Ce qui explique qu’à travers  sa longue histoire, et malgré tous ses dévoiements liés à la recherche du pouvoir, il ait développé de nombreuses œuvres caritatives et donné naissance à une foule de d’ordres religieux dévoués aux personnes fragiles, handicapées, aux orphelins, aux malades, aux prisonniers, aux prostitués, à tous les parias de la société. Car il reconnaît en chaque être humain la personne du Christ. […]

L’amour est présenté dans le Nouveau Testament comme indispensable et même supérieur à la foi : « J’aurais beau être prophète, avoir toute la science des mystères et toutes la connaissance de Dieu, et toute la foi jusqu’à transporter des montagnes, si je n’ai pas l’amour je ne suis rien. » affirme Paul

Dans toute sa profondeur, l’enseignement de Jésus conduit à affirmer que la foi et l’adoration explicite ne sont pas nécessaires pour l’esprit humain soit en liaison avec Dieu, pour qu’il soit mû par l’esprit qui « souffle où il veut » (Jean 3, 8). »

Ici une vidéo qui peut aider à comprendre ce livre, puisqu'elle a été construite autour de ce bouquin, entre autre.

 

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Posté par Florell à 12:31 - Documentaire / Essai - Commentaires [0] - Permalien [#]
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