Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

10 août 2018

"Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe" de Laure Dominique Agniel

Alexandra David-Néel : exploratrice et féministe de Laure Dominique Agniel

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Résumé :

Alexandra David-Neel est la plus célèbre des explo­ratrices. Déguisée en mendiante, elle est la première femme européenne à pénétrer en 1924 dans Lhassa, la capitale du Tibet, alors interdite aux étrangers. On croit connaître le destin de cette infatigable voyageuse, mais sait-on qu’Alexandra David-Neel (1868-1969) a été une féministe de la première heure, journaliste, cantatrice, authentique anarchiste ne voulant dépendre de personne ?
Pour percer le mystère de la vie de cette femme incroyable, il y a un repère, un fil conducteur auquel Laure Dominique Agniel redonne toute sa place : son mari, Philippe. L’ami, le confident, le seul avec qui elle laisse tomber le masque.
Les milliers de lettres à son époux nous éclairent sur sa quête acharnée de liberté pendant les 101 années de son existence. Les différents noms qu’elle a portés traduisent ce cheminement vers l’invention de soi : née Alexandra David, elle associe le nom de son mari au sien pour signer son oeuvre Alexandra David-Neel.
Dans un style limpide et enlevé, Laure Dominique Agniel nous restitue la vie menée tambour battant d’une femme en avance sur son temps.

Mon avis :

     Beaucoup le savent, j’ai beaucoup d’admiration pour cette femme au fort caractère que jusqu’à aujourd’hui je n’ai découvert qu’à travers ses écrits. Alors quand j’ai vu qu’il y avait un livre qui parlait d’elle (et il y en a plus que je pense), je me suis dit qu’il pouvait être intéressant de retrouver cette femme, sa personnalité, sa vie, ses combats, à travers le regard de quelqu’un d’autre qui pourrait m’apporter quelque chose de neuf, soit par son approche, soit en parlant de chose je ne connaissais pas comme des écrits que je n’ai pas encore lu par exemple.

     Intéressant, le livre l’a été, et pour tout dire, j’ai adoré toutes ces informations que Madame Agniel a réuni patiemment afin de mieux cerner ce personnage légendaire, et ce pour mieux nous faire partager sa personnalité. On y découvre ou redécouvre, une femme très intelligente qui sait s'adapter aux peuplades qu'elle rencontre, forte, avide de connaissance, singulière, neurasthénique (parfois), libre, amoureuse, etc.
Et même si tout n'est pas découverte pour moi, je m'aperçois quand même que certaines de ces informations me manquaient cruellement. En effet, j’ai découvert des écrits, des passages de sa vie que je ne connaissais pas ou que j’avais oublié, et qui sont pourtant nécessaires à connaître pour mieux éclairer ses démarches et comprendre sa personnalité ambiguë. Car oui, elle a beau avoir été « La lampe de sagesse », celle qui a parcouru en long, en large et en travers l’Asie, Alexandra David-Néel n’en reste pas moins un être qui n’est pas à une contradiction près.

Bref ! Niveau découverte j’ai été servie, l'auteure a vraiment potassé son sujet, en mettant bien en avant la personnalité de ce petit bout de femme et sa vie privée, complétant ainsi le portrait que j'avais de cette dernière.

     Plus personnellement, ce livre a été par ailleurs bénéfique pour moi car il m’a permis de revoir ma position sur Alexandra David-Néel. Je précise, que je l’apprécie toujours autant et je me retrouve beaucoup dans ce personnage, mais en lisant ces pages je remarque quand même qu’elle avait une tendance à condamner parfois un peu trop rapidement l’humain. Pour une personne qui pouvait se permettre de voyager, de méditer... et tout ça contrairement à d’autre, c’est finalement un peu agaçant je trouve, et aujourd’hui cet "air supérieur" me dérange un peu ; car finalement je m’aperçois qu’elle n’avait pas toujours le recul nécessaire, ce qui m’avait échappé quand j’ai lu les premiers livres de cette autrice vers mes 18 ans. Même si je partage bien volontiers sa vision sur la haute société et ses femmes superficielles qui parlent chiffon.
     Pour autant si la légende est un peu égratignée, je partage toujours autant ses opinions et sur certains sujets je pense être pire encore - ce n’est pas un hasard si j’apprécie autant cette femme.

     Comme vous le devinez assez bien je pense, j’ai adoré ce bouquin. Il est bien écrit, fluide et bien renseigné, et pour ceux qui ne connaissent pas encore cette femme, c'est une bonne intro vu qu'il met en avant sa personnalité, son professionnalisme et son rôle dans la mémoire du monde. D'un monde et d'un temps. Les seuls défauts que je lui trouve sont, le manque de photo - une ou deux aurait été bien - et sa longueur. Hé oui, il n’est pas assez long pour une vie qui a duré 101 ans. J'en aurais voulu encore plus ! Mais à part ça, rien de grave. 

Merci aux éditions Tallandier.

Extraits :

"Ainsi un jeune peintre lui déclare  :"Jésus vivait dans un rêve. Il disait des choses folles, contraires à toute évidence ; Dieu ne nourrit pas les oiseaux, beaucoup meurent de froid et de faim en plein hiver... beaucoup d'hommes meurent aussi. ce ne sont pas les doux qui conquièrent la terre, ce sont les violents.
- Ils conquièrent le Ciel aussi, paraît-il, répond Alexandra. Le royaume des cieux est forcé et ce sont les violents qui s'en emparent. C'est dans l'Evangile de Saint Matthieu.
- Jésus vivait dans un rêve mais il était grand. Ils l'ont trahi ! s'indigne le jeune peintre.
- Il en est toujours ainsi, répond la jeune philosophe. Tous les maîtres ont été trahis par leurs prétendus disciples ; faute de pouvoir s'élever à la hauteur du maître, ils l'ont fait descendre à leur niveau."" p.38

"Dans la ligne de mire de l'insoumise Alexandra Myrial, l'intégrisme religieux, sujet du premier chapitre : "La crainte inspirée par l'inconnu à des cerveaux frustres s'étend à ceux qui parlent en son nom, à ceux qui expliquent la loi et en exigent l'observation au nom des dieux [...]. Par ces lois mystérieuses, présentées comme l'expression d'une volonté extra-terrestre, les chefs religieux vont commander à l'homme, non plus en lui disant "je veux" qui s'adressait au corps et auquel il pouvait tenter de se soustraire, mais en lui disant "tu dois". L'homme a désormais en lui une contrainte invisible : la volonté du dieu qu'il porte comme un fardeau. Qu'il aille, qu'il vienne, en tout lieu, en tout temps, sa mémoire lui répétera ce qu'il doit faire ou éviter. On lui a appris a discerner le bien et le mal [...]. S'appuyant sur la volonté exprimée par le dieu, volonté incompréhensible et indiscutable, on s'efforça de lui faire accepter comme l'expression du bien la résignation passive, l'aveugle soumission, la douleur, le renoncement aux aspirations les plus naturelles. Le mal officiel, ce fut la vie elle-même avec tous ses désirs et toutes ses joies, son besoin de liberté, sa curiosité des choses, ses fières révoltes, son horreur de la souffrance, tout de ce qui est beau et vrai." p.54-55

"Mais ce qui aurait véritablement réjoui Alexandra c'est la visite du quatorzième Dalaï-Lama qui s'est rendu deux fois à Samten Dzong, en 1982 et en 1986. "Je suis vraiment très heureux car j'ai vu là où elle habitait, je me suis senti très proche d'elle. J'ai ressenti son grand amour pour notre culture", déclarait Tensing Gyastso à Digne le 15 octobre 1982. En reconnaissant Alexandra David-Néel comme la plus grande des spécialiste de la culture tibétaine du 20ème siècle, il donnait un sens à l'engagement de toute une vie : quel meilleur moyen de sauver une culture que la diffusion de la connaissance ? Par son amour des paysages tibétains, de la langue, des légendes, des hommes et des femmes du pays des neiges, Alexandra fait revivre le Tibet dans l'imaginaire du monde, un Shambala spirituel qu'aucune armée, aucune colonisation ne pourra jamais détruire." p.261-262

"Voilà une autre contradiction d'Alexandra : elle n'est pas si détachée des conventions qu'elle le prétend, elle aime être servie par des domestiques zélés. Très gourmande, elle raffole de mets raffinés et porte des vêtements bien coupés, des chapeaux et des soieries, mais elle aspire tout autant au dénuement. Privilège des riches qui peuvent choisir de se dépouiller de tout le confort qui les encombre. Elle mettra douze années à se débarrasser des ses oripeaux d'Occidentale."

"Au mur des peintures tibétaines et cette citation qui avait marqué son adolescence : "Le monde est une charogne et ceux qui s'y attachent sont des chiens" ! Il n'est pas signé d'un cynique grec, mais de Pierre Valdo, qui fonda au 16ème siècle le mouvement protestant des Vaudois." p.149


05 avril 2018

"Les pires batailles de l'Histoire" de Nota Bene (Benjamin Brillaud)

Les pires batailles de l'Histoire de Nota Bene (Benjamin Brillaud)

nota bene

Résumé :

Dans l'esprit qui a fait le succès de son site Nota Bene, Benjamin Brillaud, mêlant sérieux des informations et humour, s'attaque ici aux quinze pires batailles de l'histoire mondiale, de l'Antiquité à nos jours. Au Ve siècle avant notre ère, les Perses débarquent à Marathon où ils seront écrasés par une armée athénienne pourtant largement inférieure en nombre ; au début du XIVe siècle, Philippe le Bel lance la crème de l'armée française pour mater la rébellion, composée de simples artisans sous-équipés, qui décime l'essentiel de la noblesse du royaume ; durant la Seconde Guerre mondiale, neuf chasseurs alpins français résistent héroïquement à plusieurs milliers de soldats italiens. Malgré sa puissance, son avance technologique ou encore ses effectifs en surnombre par rapport à l'ennemi, une armée n'est jamais à l'abri d'une défaite majeure quand la loi de Murphy, dite de « l'emmerdement maximum », décide de s'en mêler. Ordres mal transmis, infériorité numérique flagrante, conditions climatiques désastreuses. ce livre reconstitue ces batailles désespérées ou incongrues qui ont marqué notre mémoire par leurs issues inattendues. Autant d'épisodes tragi-comiques qui nous font regretter les cours d'histoire. Passionné d'histoire, Benjamin Brillaud a créé, en août 2014, la chaîne Nota Bene - dont il réalise toutes les vidéos, de A à Z - qui rassemble une communauté de 370 000 fidèles.

Mon avis:

J’ai lu ce livre dans un état second, ce n’est jamais facile de lire un livre quand son animal est malade et que tout ce qu’on a fait n’a servi à rien… Donc je vais être vraiment vague pour cet avis et j’en suis d’avance désolée.

Pour être tout à fait franche j’ai lu les deux premiers chapitres, les 2 premières batailles, dans un état normal et je me souviens que j’ai apprécié ma lecture sur ces deux batailles antiques. C’était de la découverte pour une, une meilleure vue d’ensemble pour l’autre, et tout ça sans prise de tête et raconté de manière très simple même si je trouve ses vidéos plus avantageuses dans le ton.

Mais ça se gâte ensuite…

Je ne sais pas si c’est mon moral ou l’inquiétude qui a joué sur la lecture, ou si c’est les batailles qui ne m’intéressaient pas vraiment, mais j’ai moins accroché par la suite. En fait, il y a une ou deux batailles où j’ai accroché comme Zanzibar, Cortès, Myong-Yang, Helder, sauf Cortès les autres étaient des pures découvertes, mais pour les absentes de la liste c’était plus difficile… Probablement beaucoup le moral, mais aussi probablement qu’elles ne m’intéressaient pas plus que ça. C’était bien raconté, toujours de manière simple, ça je ne l’enlève pas, mais Azincourt c’est connu et les autres je n’étais que partiellement dedans si on enlève les quelques une qui ne m’intéressaient pas du tout comme Isandhlwana, Hattin… où là je n’étais pas du tout dedans.

Cela étant, j’ai particulièrement apprécié les batailles qui ont été choisies, déjà parce qu’elles font le tour du monde et ensuite parce que Nota Bene a souvent choisi des situations désespérées où tout est perdu d’avance, mais qui par un homme, le courage, le calcul, la stratégie, la météo… deviennent des victoires éclatantes où on n’aurait pourtant pas parié un kopeck à la base. Ce qui laisse quand même admiratif.
En effet et même si je n’ai pas tout aimé, je trouve qu'il y a quand même eu un excellent choix dans les batailles et je pense qu'on ne pouvait pas choisir mieux, maintenant je précise que niveau historique je ne sais pas ce que ça vaut, s'il y a des erreurs ou autre, car les batailles ce n'est pas trop mon dada en histoire.

En conclusion, j'ai apprécié certaines batailles et d'autres pas, mais pour la curiosité et la découverte je conseille ce livre.

Merci à Babelio et les Editions Tallandier.

18 juin 2014

"Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth" de Eric Denécé & David Elkaïme

"Les services secrets israéliens : Aman, Mossad et Shin Beth" de Eric Denécé & David Elkaïme

les services secrets israelien

Résumé :

Infiltration d agents au coeur des organisations ennemies, sabotages clandestins, éliminations ciblées, raids de commandos... autant de missions menées par les services secrets israéliens, considérés comme les meilleurs du monde. Mais cette réputation est-elle justifiée ? Comment fonctionnent-ils ? Comment leurs opérateurs sont-ils formés ? Quels ont été leurs succès et leurs échecs ?
La seule façon pour Israël d éviter le sort funeste que lui promettent ses ennemis, c est d anticiper toute action adverse. Ainsi, depuis sa création, l État hébreu a mis l accent sur le renseignement, les opérations clandestines et les raids préventifs pour annihiler toute menace.
Spécialistes du renseignement et du Proche-Orient, Éric Denécé et David Elkaïm donnent à comprendre la communauté du renseignement israélienne dans son ensemble : Shin Beth (sécurité intérieure), Aman (renseignement militaire), Mossad (renseignement extérieur) et autres sayerot (forces spéciales de Tsahal). Ils passent aussi au crible leur organisation, les différentes actions qu ils ont eu à mener, leurs relations avec le monde politique, mais aussi, leurs échecs.
Beaucoup d organismes et d opérations sont ici évoqués pour la première fois : les capacités d écoute et de guerre informatique de l Unité 8200 ; les réseaux d informateurs implantés au Liban ; le « service action » du Mossad ; les raids clandestins des forces spéciales en Syrie à la recherche des armes chimiques ; et surtout, la guerre secrète contre l Iran, afin de saboter le développement du programme nucléaire de Téhéran et préparer d éventuelles frappes aériennes.

Mon avis :

Je m’excuse d’avance auprès des éditions Tallandier pour le retard que j’ai, mais cela s’explique par le fait que ça a été très difficile pour moi de faire un avis sur ce livre. Déjà parce que je ne suis pas experte sur la question, mais aussi parce que ce livre montre réellement la complexité de la situation d’Israël face à ses alliés, et aussi face à ses ennemis qui sont nombreux dans cette région du monde, et qui actuellement subit de grandes transformations en plus.

En fait en lisant ce livre, la première chose dont je me suis vraiment rendue compte, c'est que beaucoup de chose nous échappe sur la situation là-bas, même en regardant régulièrement les infos. Pour moi c’est un livre à lire pour mieux comprendre certains faits israéliens, mais aussi pour mieux comprendre la situation générale qui règne dans cette partie du monde, parce que finalement ce qu’on en sait est assez partial et incomplet.

Pour en revenir un peu plus au livre, c’est bien sûr un livre qui va décrire par le menu les services secrets israéliens ; leurs tactiques, leurs histoires, leurs réussites et échecs, leurs recrutements, leurs manières d’opérer sur le terrain comme sur différents supports, mais aussi le pourquoi de leur existence.
Bien sûr, tous pays a le sien et se doit d’avoir le sien
(question de survie), mais ce qui peut paraître un peu accessoire pour certain et carrément vital pour eux, car il est évident que sans eux Israël n’existerait plus aujourd’hui.
En effet, étant entouré d’ennemis particulièrement agressifs et intégristes (Iran, Liban…), mais ayant aussi des problèmes au sein même de leur population, sans compter leurs manières d’agir avec la Palestine (bien qu’aucun des deux états soient vraiment innocents à mon avis), Israël vit constamment avec une épée de Damoclès sur sa tête, donc dans ce cas avoir des services secrets efficaces s’avère particulièrement nécessaire. Car de par leurs actions préventives, tantôt violentes, tantôt « pacifiques », - enfin j’entends par-là qui passent plus par la technologie (ordinateur, caméra…) -, ils ont empêché pas mal d’attentats, et retardé d’autres choses non agréables pour eux, mais aussi pour le monde, comme par exemple le programme nucléaire de l’Iran, problème particulièrement épineux s’il en est…

Alors bien sûr, certains faits venant de leur part peuvent nous paraître discutables et certains le sont, mais comme le rappelle l’auteur, il faut aussi savoir se mettre à leur place avant de les juger. En effet, il ne faut pas oublier qu’ils vivent constamment en état de guerre et de crise, et que l’extinction des juifs est quelques choses qu’ils ont déjà vécues dans le passé, de ce fait il ne faut pas oublier que leur peur est plus qu’expliquer, surtout que nombre de pays musulmans ne cachent pas leur haine du juif et du croisé.
Enfin, moi personnellement leur esprit de vengeance ne me gêne pas, par exemple le fait qu’ils aient éliminés les responsables des meurtres des athlètes israéliens aux JO de Munich en 1972, me paraît parfaitement normal puisque de toute manière les commanditaires n’auraient jamais été punis, ce qui me paraît juste inadmissible démocratie ou pas. Mais bon, ce n’est pas ce qu’ils font le plus non plus, bien que l’auteur raconte quelques éliminations ciblées, il précise bien que ce n’est pas très répandu car demandant trop de moyen. Mais il faut quand même savoir et surtout retenir qu’ils n’agissent jamais sans raison, même si parfois c'est un peu abusé.

Au-delà des services secrets, ce livre aborde comme je l’ai dit les alliances, les rapports avec les ennemis, et ce qui m’a étonnée c’est qu’Israël en a des étranges… Le soutien des Etats-Unis, bien qu’il ne soit pas toujours au beau fixe, ne me choque pas, mais les alliances avec l’Arabie Saoudite et sans doute le Qatar pour lutter contre le nucléaire iranien, sont un peu plus étonnantes à mon goût, quand on voit la vision rétrograde qu’ils ont sur l’humain, l’esprit, la religion, sans oublier le soutien qu’ils ont envers les intégristes musulmans… J’avoue que là je rejoins l’auteur sur l’après alliance, et comme lui je pense que c’est un peu du suicide, ce qui est étonnant venant d’Israël qui est d’un naturel méfiant.

Enfin, tout ça montre clairement la complexité de la situation, et le fait qu’il est très dur de comprendre cet imbroglio qu’est cette guerre, mais aussi le jeu international.

Pour faire court c’est un livre que je recommande, il fait découvrir beaucoup de choses intéressantes, il est particulièrement bien fait, et ce qui rajoute de la crédibilité à ce bouquin c'est que l’auteur peut se monter autant compréhensible que critique sur le comportement d’Israël ce qui ma foi est un bon point.

Je remercie encore une fois les éditions Tallandier.

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23 avril 2014

"Auguste, maître du monde. Actium, 2 septembre 31 av. J-C" de Pierre Cosme

"Auguste, maître du monde. Actium, 2 septembre 31 av. J-C" de Pierre Cosme

Auguste maître du monde Actium 2 septembre 31 av

Résumé :

Décisive dans l'histoire de l'Empire romain, la bataille d'Actium scelle l'affrontement devenu inévitable entre Octavien, d'un côté et Marc Antoine et Cléopâtre, de l'autre. Décisive parce que, lorsque la nuit tombe sur le golfe d'Ambracie, au nord-ouest de la Grèce, au soir du 2 septembre 31 avant Jésus-Christ, Octavien, vainqueur, demeure seul maître du monde romain. Devenu Auguste et premier empereur romain, il inaugure une nouvelle ère qui ne s'achèvera qu'à la chute de Rome au Ve siècle. Défait et lâché par ses alliés, Marc Antoine se donne la mort en août 30. Ce suicide est suivi quinze jours plus tard par celui, célèbre, de Cléopâtre.

L'assassinat de Jules César en 44 avant J.-C. aboutit au partage de l'Empire : Marc Antoine règne sur l'Orient, en compagnie de Cléopâtre, tandis qu'Octavien gouverne l'Occident. Cela fait donc plus de dix ans que les deux protagonistes s'affrontent par partisans, campagnes de dénigrement et propagande interposés. La guerre est finalement déclarée, à la fin de l'été 32. Jusqu'au printemps 31, une «drôle de guerre» met aux prises les deux adversaires. Au matin du 2 septembre, au large d'Actium sur la mer Ionienne, après quatre jours de tempête, la bataille a bien lieu. Près de 800 navires et 80 000 hommes se font face. L'issue de cette bataille meurtrière était-elle inéluctable ? À quel moment la bataille fut-elle perdue pour Marc Antoine ? Quel aurait été l'Empire romain s'il l'avait emportée ? Quel fut le rôle de Cléopâtre ? C'est à ces questions, et à bien d'autres, que Pierre Cosme répond ici, brossant en creux l'histoire de cette décennie cruciale.

Pierre Cosme est professeur d'histoire ancienne à l'université de Rouen. Il a publié, entre autres, Auguste (2005), Les Empereurs romains (2011), L'Armée romaine (2012) et L'Année des quatre empereurs (2012).

Mon avis :

Je ne connaissais de cette bataille que les grandes lignes de l’histoire, à savoir la défaite de Cléopâtre VII & Marc-Antoine, leur humiliation et mort, autant dire pas grand-chose. Ben comme vous vous en doutez sûrement, avec ce livre j’ai découvert bien plus, et plus particulièrement les hostilités toujours plus grandissantes entre Octave et Marc-Antoine (qui ont passé leur temps à se dénigrer et à se trouver des alliances), ainsi que le début de cette guerre qui donnera la défaite d’Actium. Qui a pris apparemment Marc-Antoine au dépourvu. 

Autre atout important du livre, c’est qu’il montre assez bien l’image noire dont souffre Cléopâtre VII. Cela ne paraît à première vue pas très important et pourtant ça l’est, puisque le vainqueur qui a en partie contribué à cette légende noire, a beaucoup joué dessus pour engager une guerre et l’expliquer, en mettant bien en avant que Cléopâtre avait vampirisé Marc-Antoine et que ce dernier faisait passer l’Égypte avant Rome. De plus comme cette légende a assez pesé dans l’histoire de cette défaite, il n’est sûrement pas vain de remettre les choses en place sur le rôle de Cléopâtre dans cette guerre, et ce malgré le manque de source fiable. Et ce qui en ressort c’est qu’elle n’a sûrement pas été la mauvaise conseillère de Marc-Antoine et que la bataille d’Actium était certainement jouée d’avance. Marc-Antoine n’ayant pas choisi le meilleur emplacement ni les meilleures stratégies face à Agrippa. De plus comme le dit l’auteur son armée a souffert de la malaria, des désertions, et des retournements d’alliance des divers rois de l’époque, ce qui a facilité la banqueroute de cette armée, fuite de Cléopâtre ou pas finalement. D’ailleurs comment comprendre cette fuite reste encore une grande question, comme le dit justement l’auteur ; était-ce vraiment une fuite de la reine qui préfère sa vie et son royaume ? Ou est-ce un plan pour mettre en place les batailles ultérieures ? On peut se le demander finalement doublement puisqu’en effet Marc-Antoine la rejoindra très vite. Enfin bref, comme le montre justement ce livre, on peut supposer des raisons mais on ne peut rien affirmer, sur ce sujet comme sur d’autres. En fait faut surtout savoir cette bataille est à regarder dans un ensemble quitte à faire un peu d’uchronie, mais il ne faut pas s’attarder que sur un évènement.

Alors je vous avouerai qu’au début j’ai eu du mal avec ce livre, mais par la suite quand j’eus la situation bien en tête cela s’est vite dégagé. Cela dit il y a un chapitre que j’ai particulièrement aimé, mais le reste est super aussi je vous rassure, c’est la conclusion. Car elle met bien en avant qu’on ne peut rien affirmer, mais montre aussi que cette bataille n’a peut-être pas autant changé la face du monde antique, puisqu’il y a fort à parier que Marc-Antoine aurait gouverné avec les mêmes hommes que l’empereur Auguste, qu’ils soient des fidèles de la première heure ou de la dernière. Néanmoins il est vrai que cette bataille à quand même changer certaines choses puisqu’après cela et le meurtre de Césarion, l’Egypte devient une province de Rome en plus d’être son grenier à blé.

Ensuite autre chose qui a été intéressant à découvrir, mais là je sors de la conclusion, c’est la chute de l’Egypte. Alors je savais que Césarion le fils de César et Cléopâtre a été tué lors de sa fuite à la demande d’Octave car « il n’est pas bon d’avoir plusieurs César » (Césarion étant le fils direct de César contrairement à Octave qui a été adopté). Ce que je savais moins par contre et ça m’a même étonné de le découvrir, c’est que les enfants de Cléopâtre et Marc-Antoine ont été élevés malgré tout par Octavie la première femme de Marc-Antoine et sœur d’Octave (Auguste) avec leurs demi-sœurs. Et personnellement je trouve cela étonnant, quand on pense qu’ils pouvaient eux-mêmes réclamer « leur héritage » ou se montrer ingrats et vindicatifs envers le vainqueur. Bon après j’ignore leur condition à Rome, mais voilà ça m’a effleuré l’esprit.  

Enfin bref, entre la bataille et la chute de Cléopâtre et Marc-Antoine ce livre pas très long est passionnant. A lire.

Je remercie en passant les éditions Tallandier.

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19 mars 2014

"La reine au moyen âge : le pouvoir au féminin XIV-XV siècle" de Murielle Gaude-Ferragu

"La reine au moyen âge : le pouvoir au féminin XIV-XV siècle" de Murielle Gaude-Ferragu

la reine au moyen âge livre

Résumé :

À la différence de son encombrante rivale, Agnès Sorel, l’épouse de Charles VII, Marie d’Anjou, « reine sans gloire », reste dans l’ombre de l’Histoire. Elle n’est pas la seule. La plupart des souveraines des XIVe et XVe siècles – Jeanne d’Évreux, Jeanne de Bourbon ou Charlotte de Savoie – sont tombées dans l’oubli. Seules deux reines de cette période se détachent : Isabeau de Bavière et Anne de Bretagne, ancrées dans la mémoire de la « nation France », l’une par le rôle politique qu’elle joua, l’autre par son statut mythifié de dernière duchesse de Bretagne, qui, jusqu’au bout, se serait battue pour maintenir l’indépendance de sa principauté.

Or bien avant Catherine ou Marie de Médicis, ces femmes ont joué un rôle essentiel pour la Couronne, non seulement parce qu’elles portaient les destinées de la dynastie, mais encore parce qu’elles incarnaient, auprès de leurs époux, la majesté royale.

 Murielle Gaude-Ferragu redonne ici une mémoire à ces reines oubliées et s’interroge sur la véritable nature de leur pouvoir et sur leurs fonctions au sein de la cour et du royaume de France.

Mon avis :

Dans ces pages l’auteure va aborder tous les pans du pouvoir de la reine et même plus en parlant des légendes noires par exemple, pourtant là je me rends compte qu’il ne va pas être aisé de vous parler de ce bouquin car c’est une mine d’information ! Alors même si pour ma part tout n’a pas été une découverte, j’ai quand même appris beaucoup de choses intéressantes sur le pouvoir féminin au moyen-âge, et ce pour mon plus grand bonheur.

Pour en revenir au sujet du livre, ce qui est avant tout agréable dans cet ouvrage c’est que l’auteure a réellement fait un travail d’historienne, elle ne s’est pas seulement contentée de raconter des anecdotes ou des histoires de couche et de maitresse comme beaucoup le font en ramenant la fille à une intrigante, une diablesse… qui a soif de pouvoir. Non. Murielle Gaude-Ferragu va vraiment replacer la reine dans son rôle de l’époque, qui variera quand même selon les règnes, je précise.

Alors certes et malgré tout, les femmes de l’époque et même la reine n’étaient pas épargnées par l’image que l’église et Aristote en donnaient, et ce qu’on attendait surtout d’une reine s’était d’être vertueuse, douce, charitable, protectrice… (l’image de la sainte Vierge), en plus d’être un ventre. Mais pourtant malgré ce rôle très réducteur et malgré la Loi salique, l'auteure va nous montrer que la reine a malgré tout été inclue au pouvoir royal exercé par le roi. Cela commençait d’ailleurs par le mariage qui était jeu d’alliance, de richesse, et de territoire, pour ensuite continuer sur un réel droit politique, notamment en cas de croisade, de maladie, de guerre, ou de régence par exemple, où là elle possédait souvent les mêmes droits que le roi. Dans les autres cas, elle avait quand même le droit de grâce, le droit de calmer le jeu entre pays en guerre ou encore le devoir de protection envers l'église et son peuple, ce qui montre quand même qu'elle tenait un rôle et n'était donc pas que bigoterie et broderie.

D'autres points qui montrent l’importance de la reine vont être ici développés, comme le sacre, les obsèques, ou encore l’arrivée dans les grandes villes. Mais mieux que ça et que la question du pouvoir, l’auteure va aussi développer dans ce livre ce qui fait la journée de la reine ; ses actions charitables, ses mécènes, ses rapports avec les enfants royaux, ses dépenses, la manière dont se déroulent les deuils, etc, etc… Ceci dans le but de nous faire réellement découvrir les reines dans leur totalité, et leur place dans la société.

Néanmoins malgré cela, on ne pourra pas s'empêcher de remarquer qu'à la différence des reines antérieures ou postérieures, celles-ci paraissent fades. En effet, si on les compare à Brunehaut (qui était une femme coriace, je ne me suis toujours pas remise de la lecture de sa bio.), Catherine de Médicis en tant que régente, ou même à des souveraines étrangères, faut bien avouer que ces reines du moyen âge tardif ne sont pas aussi éclatantes que ces dernières, mais cependant, même fades elles n'étaient pas inutiles, et l'auteure s'engage à le démontrer.

Pour résumer, je vous conseille vivement de lire ce livre qui se lit très facilement et qui est très instructif car je vous assure qu'il en vaut la peine, de plus comme ce n'est pas un sujet très répandu il y a fort à parier que vous allez apprendre plein de chose.

Je remercie en passant les éditions Tallandier pour leur gentillesse.

10 janvier 2014

"Lacépède : savant, musicien, philanthrope et franc-maçon" de Bernard Quillet

"Lacépède : savant, musicien, philanthrope et franc-maçon" de Bernard Quillet

lacépède

Résumé :

Bernard Germain Étienne de Laville, comte de Lacépède (1756-1825) est l’un des personnages les plus fascinants de la fi n de l’Ancien Régime et de l’Empire, une époque qui n’a pourtant pas manqué d’hommes exceptionnels.

Ce pur représentant des Lumières, aristocrate de bonne souche originaire d’Agen, acquiert une culture encyclopédique. Disciple favori et continuateur du grand Buffon, il occupe longtemps, y compris durant les troubles révolutionnaires, l’une des cinq chaires du Muséum d’histoire naturelle. Féru de physique, de géologie, de minéralogie et de zoologie, il rédige de véritables sommes (vertébrés, poissons, etc.) qui sont souvent les premières du genre. Membre de l’Académie des sciences dès la création de l’Institut, il sera le «savant de Napoléon ». Musicien de haute stature (il a appris à composer avec le célèbre Glück), poète et même romancier, c’est enfin un artiste et un créateur. Ardent propagateur des idées nouvelles tout en se gardant énergiquement des excès, ami du genre humain, il lutte sans relâche pour la liberté et se dépense pour soulager les misères de ses semblables. Il sera d’ailleurs le seul dignitaire de l’Empire à mourir pauvre… Les honneurs accumulés − grand chancelier de la Légion d’honneur dès la création de cet ordre, sénateur, comte de l’Empire, haut dignitaire de la franc-maçonnerie, etc. − n’ont jamais altéré ni sa curiosité d’esprit, ni sa passion de servir, ni sa générosité. Homme universel, Lacépède incarne ce que l’être humain peut donner de meilleur.

Mon avis :

Bernard Germain Etienne de Laville-sur-Illon comte de Lacépède ; pas le plus connu des personnages historiques, pourtant dieu sait qu’il a su marquer son époque, par son charisme et son esprit. Touche à tous, très (trop) humain, il a été aimé par beaucoup de ses contemporains qu’ils soient simples mortels ou mortels plus prestigieux, comme Napoléon par exemple.

Alors bien sûr, il n’eut pas que des amis, que ça soit après sa mort (où il fut dénigré dans le Dictionnaire des girouettes) ou pendant la Terreur où il dut fuir la folie  « guillotinaire » de Robespierre, (en s’éloignant de Paris et en démissionnant de ses activités dans le domaine des sciences naturelles au Jardin du Roi), Lacépède a eu ses ennemis. Pourtant à la lecture de ce livre on retiendra de ce dernier, qu’il a eu bien plus d’admirateurs que de détracteurs, ce qui n’a rien d’étonnant au final, quand on connait sa personnalité modeste et altruiste.

Modeste, car nonobstant les millions qu’il a brassé, les honneurs, son statut, et malgré la fortune qu’il a hérité de son oncle en prenant son nom, il faut savoir que cet homme a su rester simple toute sa vie, il vivait d’un régime ascétique et n’avait guère de frais personnel. Et altruiste, car -et c’est ça qui est étonnant- de la fortune qu’il a reçue de son oncle, il ne lui est presque rien resté à sa mort ; puisqu’en effet, il n’a pas hésité à la distribuer à d’autres, légionnaires ou veuves, qui venaient se plaindre (à juste titre) de leur condition dans son bureau de Grand Chancelier. Au point de s’endetter méchamment au service de ses fonctions, Napoléon lui versera d’ailleurs 200 000 francs d’arriéré en prenant connaissance de sa situation, cependant Lacépède n’arrêtera pas pour autant de donner de sa main pour soulager la misère de ses semblables...

D’ailleurs il ne s’arrêtera pas seulement à donner de l’argent pour soulager le peuple, il s’intéressa et s’impliqua dans la gestion des Maisons Impériales Napoléon pour l'éducation des filles des légionnaires, et celles des Maisons Impériales d'Orphelins de la Légion d'Honneur, car il tenait vraiment que chaque jeune fille puisse vivre dignement.

Mais Lacépède ne fut pas qu’un homme politique. Plus haut j’ai laissé entrevoir qu’il fut un homme féru de sciences naturelles, mais comme je l’ai dit, il fut aussi un touche à tous. Bien que c’est dans les sciences naturelles que l’on retient le plus souvent son nom, il a été aussi musicien, écrivain, philosophe. Ce qui lui vaudra d’être nommé dans plusieurs Académies, Sociétés, Institut, d’Europe : Berlin, Bologne, Stockholm, Göttingen, Saint Pétersbourg, Livourne, Paris… Son savoir et sa curiosité en faisant un homme exceptionnel, et il était assurément.   

Cela dit, et malgré la vie chargée et grandiose qu’il a eu, je dois avouer que sa mort casse un peu le prestige du personnage, puisqu'en effet il a eu une mort bête. Lacépède est mort de la petite vérole, mais comme il a attrapé ce microbe en serrant la main d’un ami médecin, probablement le Dr.Duméril, ben j’avoue que je trouve cela franchement absurde pour un si grand personnage. Ce n'est pas drôle je sais, mais quand même, il y'a du comique la dedans quand on sait qu'il n'est pas mort de ses autres maux.

Enfin bon, même si les passages de discours ou de lettres cassent un peu le rythme de lecture, et même si je n'ai pas toujours partagé les choses avancées par ce personnage, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre et à découvrir la vie d’un homme assez inconnu mais qui sort du commun. Voilà pourquoi si vous êtes curieux et aimé l’histoire, il vous faut le lire ! Parce que la personnalité de cet homme mérite vraiment qu’on s’y arrête.

Je remercie en passant les éditions Tallandier pour leur gentillesse.

24 juillet 2013

"Fontainebleau : mille ans d'histoire de France" de Jean-François Hebert & Thierry Sarmant

"Fontainebleau : mille ans d'histoire de France" de Jean-François Hebert & Thierry Sarmant

 

fontainebleau

Résumé :

Témoin de l'histoire de France, le château royal de Fontainebleau porte l'empreinte de tous les souverains qui de Saint-Louis à Napoléon III, ont façonné notre pays et successivement aménagé le bâtiment. C'est notre histoire que cette "maison des siècles" nous conte à travers la sienne. Grande scène où s'est jouée la comédie du pouvoir, Fontainebleau est une longue chronique de fêtes et festins, bals et ballets, de chasses à courre, de musiques et théâtre, scène politique enfin, où se succèdent négociations publiques et secrètes, disgrâces et retours en grâce, disputes et réconciliations.
On y a vu la visite de Charles Quint à François 1er (1539), l'assemblée des notables qui préluda aux guerres de religion (1560), le baptême du futur Louis XIII (1606), l'assassinat du favori de la reine de Suède (1657), la naissance du Grand Dauphin, fils de Louis XIV (1661), le mariage de Louis XV avec Marie Leszczynska (1725), la première abdication de Napoléon 1er (1814), l'attentat contre Louis-Philippe (1846), les réceptions de Napoléon III et de l'impératrice Eugénie (1856-1868).
A travers les grandes dates qui émaillent la vie du château, on mesure comment vit et comment se vit le pouvoir. Cet ouvrage prend comme cadre Fontainebleau mais son horizon s'étend à toute l'histoire de France. Son ton agréable le destine aux passionnés d'histoire et au grand public.

Mon avis :

"La vraie demeure des rois, la maison des siècles."
(Napoléon à Sainte-Hélène, août 1816)

Dans ce livre, comme vous vous en doutez, les auteurs vont nous faire découvrir l’histoire de ce château et de son domaine. Pour cela ils vont remonter aux origines avec les capétiens ( !), et ensuite dérouler l’histoire avec les valois, les bourbons, les bonapartes, et autres représentant du pouvoir. Dans ces pages nous allons donc découvrir comme sous forme d’anecdote, car ce sont des chapitres très courts, tous ces évènements qui ont fait la grande histoire de France (édit de Nantes, mort des rois, abdication de Napoléon, captivité du pape VII, assassina perpétré par la reine Christine de Suède, etc, etc…), mais aussi la petite qui paraît presque futiles au regard du reste mais qui possèdent quand même une importance, car c’est un regard porté sur les mœurs de ces époques. Je pense notamment aux baptêmes royaux, aux réceptions, à la chasse ou encore aux petites guerres intestines entre favorites ou entre artistes, comme Primatice et Cellini, ce dernier fut d’ailleurs un peu la tête de turc de la duchesse d’Estampes. Sa vie inspira d’ailleurs des romans ou encore des opéras.

L’autre atout de ce livre c’est qu’il s’arrête beaucoup sur la construction de ce château. Construit sur plusieurs siècles autour d’une vielle tour médiévale,  assez disparate dans les bâtiments, rénové parfois en mal comme sous Louis-Philippe pour être re-rénové afin d’enlever les catastrophes des précédentes rénovations, ce château n’a cessé de connaître des transformations aux cours des siècles, et en particulier si le roi était bâtisseur. Du coup avec le texte mais aussi avec l’aide des photos on visite ce château, avec ces chapelles, son musée chinois, etc, etc… Et sa forêt. Une forêt qui connut elle aussi beaucoup de transformation comme sous Colbert et Napoléon

Enfin pour résumer, c’est une lecture qui m’a beaucoup plu et que j’ai trouvé enrichissante, car il est vrai que l’on oublie Fontainebleau trop souvent, et comme dirait Caliméro « c’est vraiment trop inzuste ». ^^ Je remercie les éditions Tallandier pour ce Service presse. Et je vous conseille vivement cette maison d'édition car ils ont vraiment un excellent catalogue. 

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02 mai 2013

"Charlemagne" de Jean Favier

"Charlemagne" de Jean Favier

charlemagne

Résumé :

Successeur des Césars, Charlemagne dont la personnalité fut multiple, aura influencé la politique de la France et de l’Europe bien au-delà de son règne. Jean Favier brosse ici le plus magistral des portraits de l’Empereur. De l'héritier de l'Empire romain à l'empereur à la barbe fleurie, de l'inventeur de la Couronne de France à celui de l'école, l'Histoire donne bien des visages à Charlemagne ; il est souvent difficile de distinguer la part du mythe et de la réalité. Aussi Jean Favier a-t-il consacré une partie entière de son ouvrage au personnage construit par les siècles. Le grand médiéviste s'attache d'abord à replacer le personnage dans son contexte historique, analysant minutieusement la société dont il est issu. Il brosse également un portrait fouillé de ce souverain dont l'action était toute entière tournée vers un seul but : l'unité politique et religieuse de l'Occident chrétien. Sous le mythe, on découvre un homme raffiné, épris de poésie latine, lisant le grec, artisan d'une renaissance intellectuelle qui n'aura pas d'équivalent avant longtemps. Du système monétaire à l'Église, pas un domaine n'a échappé à son ardeur réformatrice que ses conquêtes ont étendue à un énorme empire : tous les éléments d'une légende étaient réunis, le temps a fait le reste.

Membre de l’Institut, directeur général des Archives de France, puis président de la Bibliothèque nationale de France, président de la Commission d’histoire de Paris, Jean Favier a publié plus d’une vingtaine de livres sur le Moyen Âge. Ils ont tous été de très grands succès de librairie. Citons par exemple Philippe Le Bel, Louis XI, François Villon, Charlemagne, le Dictionnaire de la France médiévale, Paris, 2000 ans d’histoire, Pierre Cauchon et enfin Le Bourgeois de Paris au Moyen Âge (Tallandier 2012).

Mon avis :

Ce livre ravira tous les gourmands d’histoire, mais étant très très très détaillé, je le conseille vraiment pour ceux qui veulent en savoir plus et dans les détails sur Charlemagne, mais aussi sur les Mérovingiens, l’Europe, la société, l’agriculture, la renaissance Carolingienne, etc, etc... Alors si cela a des avantages et que c’est agréable d’en découvrir un peu plus sur cette Europe féodale qui fait suite à la chute de l’Empire Romain d’Occident (476) et que l’on connaît souvent très mal, faut admettre que parfois c'est un peu dur (surtout au début) à suivre, voilà pourquoi je conseille d’avoir quelques bonnes cartes sous les yeux pour arriver à bien suivre les conquêtes et compagnie. (A faire si bien sûr vous voulez vraiment bien visualiser cette ancienne Europe, mais en ce qui me concerne ça m’a beaucoup aidé. ^^)

Néanmoins malgré cela, ce livre est génial à lire. Pour ma part j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre l’évolution de l’Empire de Charlemagne, son organisation, ses marches, ses grands évènements…, et connaître par exemple ainsi la véritable histoire sur le désastre de Roncevaux, (la geste La chanson de Roland étant loin d’être juste car écrite fin du XIème et révisée par les auteurs), ou encore découvrir comment son règne a marqué l'histoire. En effet ce dernier n'a jamais été oublié par ses successeurs, Roi français, Empereurs du Saint Empire Romain Germanique, Napoléon 1er ou même des Nazis on souvent fait référence à cet empereur.
Alors certes Charlemagne n’a pas eu que des amis, ce dernier qui se pose comme le défenseur de la foi chrétienne, sera souvent en désaccord avec l’Empire Romain d’Orient, dont le siège se trouve à Constantinople. Déjà parce que cet empire a eu tout le long du Moyen-âge des revendications sur l’occident, mais aussi parce qu’ils ne pouvaient supporter qu’un roi dit "barbare" se pose en successeur de Constantin, (ils auront beaucoup de mal à admettre Charlemagne comme empereur), et soutienne en plus le pape. Bon ce n‘est pas pour autant que l’église catholique et Charlemagne s’entendront toujours comme larron en foire, d’ailleurs la canonisation de Charlemagne ne sera jamais vraiment confirmer par l’église, cela étant elle ne sera pas annuler pour autant. Plus proche de nous l’historien Michelet en fera un portrait pas du tout flatteur et mensonger.

Je ne vais pas m’attarder sur tous les sujets que le livre développe, car je voudrais m’arrêter sur un Charlemagne plus intime, mais en vrac je vais vous en donner quelques aperçus. Que ça soit sur la création de la dynastie des carolingiens, depuis Charles Martel et Pépin le Bref, sur l’éviction des neveux de Charlemagne par ce dernier à la mort de son frère Carloman, sur l’agriculture, le commerce, l’organisation des marches (car rien n’était laissé au hasard), les serments de fidélité que Charlemagne exigeait, les diverses capitulaires, ou encore sur le dénigrement des mérovingiens par Eginhard, (historien de Charlemagne qui a beaucoup écrit sur ce dernier mais hélas trop sous un beau jour, et au mépris de la dynastie précédente les mérovingiens, qui n’étaient sans doute pas tous des rois fainéants), tout est développé dans ces pages. Ce livre est une véritable carte géographique et sociologique sur cette époque mal connue.

Quand n’est-il de Charlemagne d’une façon moins générale ?

On connaît de Charlemagne le roi guerrier qui partait toujours en guerre pour mater les saxons, les avars, etc, etc... mais en privée c’était un homme assez simple, c’était un tout autre homme. Pour ma part il m’a semblé même plutôt bon, j’avoue. J’entends par-là pas cruel, qui avait soif de justice, d’équité, et protègait le petit peuple, un homme aussi qui apprenait de ses erreurs. C’était aussi un homme plusieurs fois marié (pour ma part je me souvenais seulement d’Hildegarde), et qui a eu 18 enfants ! A qui il donnera une réelle formation intellectuelle à ses filles comme à ses fils. Car il faut savoir que Charlemagne tenait beaucoup à l’instruction, lui-même avait une soif d’apprendre immense et n’aura de cesse de se perfectionner en s'entourant d’intellectuelles et formera d’ailleurs l’Académie Palatine, où chacun des participants portaient un nom de poète grecque ou latin (Horas, Homère, Pindare, Ovide), ou le nom d’un empereur (César, Antoine). Charlemagne lui, se réservant le nom de David en référence à David et Goliath, mais aussi au David « fondateur de Jérusalem, la tête de la maison dont est issu le Christ ». (Page 469-470).

Il est vrai que l’on pense souvent à tort que le moyen-âge était une époque sombre et inculte, ce livre va nous montrer l’inverse. Sous Charlemagne il y aura ce qu’on appelle aujourd’hui « la Renaissance Carolingienne ». En effet Charlemagne n’était pas un roi seulement obsédé par la religion et sa toute puissante pensée, il a cœur de faire revivre cet héritage gréco-romain, et il va y parvenir grâce à l’Italie, le pape Léon III lui fera parvenir des copies de grands classiques, mais surtout grâce aux îles britanniques ! L’évangélisation récente de ses îles a fait que ces dernières ont gardé jusqu’à très tard la culture latine. Et c’est en particulier à travers le monachisme anglo-saxon où on enseigne le comput, l’arithmétique, l’astronomie, la médecine, l’exégèse et la métrique et même un peu le grec, que l’empire de Charlemagne va pouvoir bénéficier des lumières antiques. En ce qui concerne l’Espagne de l’après wisigothique (qui était déjà une très grande culture), l’Espagne  Mozarabe où se combine l’apport culturel des trois religions, sera très effacée de la renaissance carolingienne même si ces derniers travaillaient pourtant en commun sur les œuvres de la pensée grecque, en fait Charlemagne n’était pas très attiré par l’Espagne. Cela étant toute cette « Renaissance Carolingienne » se fera surtout sentir un peu après la mort de Charlemagne. Par contre pour tordre le coup à une légende et contrairement à l’idée reçue, Charlemagne n’a pas inventé l’école, elle existait déjà avant. Mais Charlemagne souhaitait l’ouvrir pour les enfants des riches comme pour les enfants des pauvres. Il voulait que chaque enfant dans les cités épiscopales sache la grammaire, lire, compter, car il savait que la culture assurée aussi l’avenir du royaume. C'était un homme des Lumières avant l'heure.

Enfin bref, il y’aurait encore beaucoup à dire sur ce livre, car il décrit tous les domaines où Charlemagne a agi. Voilà pourquoi je vais m’arrêter là. Mais si l’histoire vous intéresse je recommande vivement ce livre, même si je pense qu’il faut en faire plusieurs lectures pour bien mémoriser et comprendre l’œuvre de Charlemagne

Je remercie au passage les éditions Tallandier pour ce service presse.

22 mars 2013

" A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? " Christine Cayol & Hongmiao Wu

A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? de Christine Cayol & Hongmiao Wu

à quoi pensent les chinois

Résumé :

À quoi pensent les Chinois quand ils arpentent nos musées ? Habitués à leurs paysages célestes, calligraphies et devises confucéennes, que pensent-ils de nos anges, vierges et crucifix ?
Aux lisières de l'histoire de l'art et de l'essai, ce livre prend la forme d'un échange entre Christine Cayol, philosophe résidant en Chine, et Wu Hongmiao, professeur de français à l'université de Wuhan. À partir d'une vingtaine de chefs-d'oeuvre de la peinture occidentale, de Giotto à Picasso, en passant par Rembrandt et Vélasquez, les deux auteurs confrontent leurs manières de voir, de regarder, de penser, de percevoir et de comprendre le monde aujourd'hui.
Il s'agit pour eux de comparer leurs approches afin de mesurer l'étendue de leurs différences et de leurs ressemblances. Car, somme toute, sommes-nous si éloignés les uns des autres ?
À l'heure où la Chine devient un partenaire de premier plan, il est grand temps de comprendre ce que les Chinois saisissent de notre civilisation, et réciproquement.

Philosophe de formation, auteur de Voir est un art (2004) et Je suis catholique et j'ai mal (2006), Christine Cayol réside depuis 2003 à Pékin. Elle y a créé en 2009 la maison Yishu 8, une villa Médicis chinoise, qui accueille des artistes à Pékin, organise des manifestations artistiques et invite des artistes chinois à s'immerger dans la culture française.

Le professeur Wu Hongmiao est doyen du département de français de l'université de Wuhan, ville de dix millions d'habitants située au centre de la Chine.

Mon avis :

Ce qui a été génial avec ce bouquin c’est que j’ai découvert non pas la peinture chinoise mais la peinture occidentale. Comme je trouve la calligraphie et peinture chinoise plus simple, belle, poétique, naturelle, taoïste (ce qu’elle est), et comme je l’apprends depuis deux ans, je me suis naturellement déjà renseignée dessus, cela étant il est vrai qu’à part Claude Monet que j’adore, j’ai négligé l’art occidental, qui bien que très beau (si on enlève Picasso et Dali que je déteste) ne me touche pas pareil, voire même me laisse le plus souvent carrément indifférente (Joconde compris). En effet j'avoue que ces tableaux occidentaux malgré la beauté des gestes, des profondeurs, des détails, ne me touchent pas, n’éveillent absolument rien en moi.

Cela étant j’ai été surprise en lisant ce livre de découvrir - et surtout qu'avec de telle disposition - tout ce qui peut être lu dans les tableaux occidentaux - peut-être avec beaucoup d’imagination toutefois, car parfois je trouve que les conclusions sont poussées trop loin - et en particulier dans les scènes peu religieuses et mythologiques qui sont sûrement les tableaux les moins aisés à lire et à comprendre, bien qu’il faille avoir de sacrée connaissance en religion, mythologie, époque… pour les autres.
Sur ce point d’ailleurs il est assez étonnant de découvrir comment d’une même scène mythologique ou religieuse, les artistes en ont fait différentes représentations, ce qui jusqu’à aujourd’hui ne m’avait jamais frappée. Mais pour ma défense je dois dire que les visages ou les natures mortes ne m’intéressent pas (je n’en vois pas l’utilité pour être franche), pas plus que les représentations des messages dégoulinant de bons sentiments de la bible ou de ses scènes.

 

En parlant d'un tableau de Rembrandt "Le retour du fils prodigue" (1662) voilà ce que dit Wu Hongmiao : « [...] En un sens, tout est permis puisque je serais toujours accueilli par le père… Pour qu’une société fonctionne selon un certain ordre, il faut qu’une logique de comptabilité et qu’un sens des limites s’imposent, sinon l’individu n’agit qu’au nom de ce qu’il pense, désiré, et sombre dans la surpuissance : « Tout pour moi car je suis unique » ! »

Avec ce que je viens de vous décrire et avec l’aide du résumé, vous vous êtes sûrement déjà aperçus que ce livre ne parle pas que des différences de la peinture occidentale et d'extrême-orient. En effet à travers des peintures qui permettent la digression, on découvre ou redécouvre la philosophie qui règne généralement en extrême-orient, comme celle qui est supposée régner actuellement en occident ou régnait dans le passé. Et l'avantage d'une telle chose, c'est qu'on se rend compte que nos philosophies ne se rejoignent pas toujours, par exemple le parricide inventé par Freud n’existe pas en Chine, puisque les jeunes doivent le respect aux ainés afin de maintenir l’ordre sociale.

Autre point positif du livre c'est que beaucoup des scènes picturales racontaient dans ces pages sont représentées par des photos dans ce livre, mais néanmoins et hélas elles n'y sont pas toutes, et je trouve cela vraiment dommage car ça vous pousse le soir alors que vous lisez dans votre lit, à retourner allumer l'ordinateur pour voir les tableaux manquants sur la toile.
Par contre un gros point négatif de ce livre c'est qu'il manque d'autres genres de tableau, ça parle beaucoup de religion et un peu de Picasso, mais quasiment pas un mot sur les impressionnistes, le pointillisme, l'abstrait etc, etc... je trouve cela vraiment dommage personnellement. Bref.

En résumé c'est malgré ce manque quand même un très bon livre à lire, surtout quand comme moi on est un peu philistin sur les bords -et ils sont larges- avec l'art occidental.

Je remercie pour ce partenariat Babelio et les éditions de Tallandier que je découvre avec plaisir.

A quoi pensent les chinois en regardant Mona Lisa ? par Christine Cayol

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