Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

09 septembre 2014

"Big brother" de Lionel Shriver

"Big brother" de Lionel Shriver

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Résumé :

Le grand retour de Lionel Shriver pour son meilleur livre depuis Il faut qu'on parle de Kevin. Où l'on retrouve tout son esprit de provocation et son humour au vitriol, ainsi qu'une bonne dose d'émotion, pour parler de la famille, du mariage, mais aussi, et surtout, de l'obésité et du rapport complexe et quasi-obsessionnel que nous entretenons avec la nourriture. En Iowa, de nos jours. Femme d'affaires en pleine réussite, mariée à Fletcher, un artiste ébéniste, belle-mère de deux ados, Pandora n'a pas vu son frère Edison depuis quatre ans quand elle accepte de l'héberger. A son arrivée à l'aéroport, c'est le choc : Pandora avait quitté un jeune prodige du jazz, séduisant et hâbleur, elle trouve un homme obèse, obligé de se déplacer en fauteuil, négligé, capricieux et compulsif. Que s'est-il passé ? Comment Edison a-t-il pu se laisser aller à ce point ? Pandora a-t-elle une responsabilité ? Entre le très psychorigide Fletcher et le très jouisseur Edison, la tension ne tarde pas à monter, et c'est Pandora qui va en faire les frais. Jusqu'à se retrouver face au pire des dilemmes : choisir entre son époux et son frère. Qui choisira-t-elle ? Pourra-t-elle sortir son frère de la spirale dans laquelle il s'est enfermé ? Edison le veut-il seulement ? Peut-on sauver malgré eux ceux qu'on aime ?

Mon avis :

Je ne garde pas un bon souvenir de Lionel ShriverDouble faute et La double vie d’Irina ne m’avaient pas tant emballée – d’ailleurs j’ai toujours dans ma PAL Il faut qu’on parle de Kevin. Bref. Tout ça pour dire que je me suis lancée dans ce livre sans être très motivée à le lire, et en fait malgré quelques défauts il se trouve que j’ai plutôt vraiment apprécié cette lecture.

Alors le sujet au premier abord ne fait partie de ces sujets passionnants, le rapport à la nourriture restant quelque chose de vaste il est difficile d’en faire un sujet qui parle au lecteur, de plus comme je ne plains pas les gros (surtout que j’en éprouve une certaine répulsion) c’était dans mon cas assez difficile de me faire apprécier cette lecture, mais voilà Lionel Shriver est quand même arrivée à me la faire aimer car elle a super bien manié son sujet ; puisqu'elle a fait le rapport entre la nourriture et l’homme vue sous une bonne partie des problèmes existants ; la dépression, le contrôle, le manque, la légèreté aussi, la jalousie, etc, etc…

Néanmoins ceci a vite rencontré des limites, car il se trouve que j’ai eu beaucoup de mal à m’émouvoir sur les personnages et leur rapport à leur nourriture. La cause étant que nombre des protagonistes sont justes extrêmement insupportables ; entre le frère qui se plaint tout le temps, qui se vante, qui se cherche des excuses, qui est égoïste, et le mari qui critique constamment avec une tendance égocentrique, ce n’était juste pas possible pour moi. Alors certes cela était nécessaire à l’histoire, et d’autres personnages n’auraient probablement pas fait l’affaire, mais cumuler des personnages insupportables avec les très nombreuses longueurs et digressions ça fait beaucoup à supporter. Car voilà l’autre souci de ce livre, c’est qu’il est très lent, très long (surtout sur la fin) et parfois un peu répétitif. (Et même parfois un peu délirant).

Bon malgré tout ce livre possède d'autres atouts, déjà il ne s’arrête pas seulement sur l’obésité, l’auteure va parfois glisser vers d’autres sujets comme les chimères qu’entretiennent les adolescents, et le danger de les leur laisser mais aussi de leur enlever. De plus la fin est assez étonnante, et si sur le coup je me suis sentie flouée je me dis avec le recul que cette fin est finalement tout aussi bien, car peut-être qu’à travers cette dernière l’auteure exprimait le regret de n’avoir rien fait ou pas le nécessaire pour son vrai frère mort d’une obésité morbide. (Ou peut-être pas ?) Ce qui quoi qu'il en soit donne une dimension supplémentaire et réelle au roman.

Et enfin le dernier bon atout qui fait que je conseille ce livre, c’est que l’auteure a une approche du leurre, de la répugnance, de la pitié, de la fuite, etc, etc… assez marquante et pour ça je pense vraiment qu’il faut lire ce livre. Car elle montre vraiment jusqu’à qu’elle point l’être humain peut se raconter des histoires pour ne pas voir la réalité ou pour l'accepter.

En résumé même si ce livre ne réveil pas une indulgence en moi pour les obèses, ça a été une bonne approche de ce monde malgré tout. Et c’est une lecture de cette rentrée littéraire que je recommande vivement.

Je remercie les éditions Belfond et Babelio pour cette lecture.

 

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16 juillet 2013

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

"Un coeur insoumis" de Sarah Dunant

un coeur insoumis

Résumé :

À Ferrare, au couvent de Santa Catarina, nombreuses sont les jeunes filles nobles mariées au Christ à défaut de dot. Tel est le sort de Serafina, seize ans à peine, enfermée de force par sa famille suite à sa liaison avec un simple chanteur.
Insoumise, Serafina se heurte bientôt à l'ordre établi par l'abbesse Chiara et à la piété exacerbée de soeur Umiliana, prête à affamer le corps des novices pour libérer leur esprit...
Isolée parmi les nonnes cloîtrées en proie à d'étranges extases mystiques, la jeune rebelle peut compter sur la bienveillance de Zuana, une nonne érudite, qui soigne tous les maux du couvent, y compris les blessures que les soeurs s'infligent à elles-mêmes.
Mais jusqu'où est-elle prête à l'aider ?

Tandis que les forces de la Contre-Réforme grondent au-dehors pour durcir les règles en vigueur dans les couvents, Serafina va tout tenter pour s'enfuir. Le début de guerres intestines qui vont bouleverser la vie des soeurs à jamais...

Mon avis :

Franchement génial ! Je suis encore toute épatée par le talent de l'auteur qui a su faire d'une histoire dans un couvent un livre si original et terrible. Une héroïne au caractère versatile, victime d'une chose terrible, être enfermée contre son gré dans un couvent (ce qui était apparemment assez répandu à l’époque) pour avoir aimé un homme qui ne fallait pas.

Obligée de supporter la bigoterie insupportable des nones, leur humilité, leur obéissance obséquieuse -et très franchement insupportable elle aussi-  le rythme que la règle de Saint-Benoît impose, notre héroïne Sœur Séraphina n'a pourtant de cesse de lutter contre cette injustice afin de retrouver sa liberté. Y parviendra-t-elle ? Je vous laisse le découvrir…

Cela dit, outre cette histoire d'amour d'un autre temps, l’auteur va aussi nous faire découvrir la vie dans un couvent à l’époque de la renaissance italienne. Alors que le concile de Trente essaye de son côté de redresser les couvents pour combattre l'hérésie au cœur de l’église, nous allons découvrir ou redécouvrir ce qui fait le plus gros de la vie des sœurs dans leurs églises avant les gros changements qui s'annoncent, c’est-à-dire pas grand-chose et principalement ; chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement. Chorale, prières, manger, silence, un peu dodo et un peu de divertissement… La vie dans un couvent n’est pas très passionnante, soyons honnête, elle deviendra même pire après...

Cela étant, ne croyez pas, si vous lisez ce livre, que vous allez vous ennuyer en pensant lire toujours la même chose, car ce n’est absolument pas le cas ! Comme notre héroïne va travailler dans l’apothicairerie du couvent avec une autre sœur que j’ai beaucoup aimé, mais va aussi échafauder des plans pour sortir, enfreindre quelques règles, voir les mini guerres des soeurs, découvrir quelques menus mystères aussi, on n’a pas cette impression de tourner en rond ni de s'ennuyer. L'intrigue glisse facilement, sans se répéter, puisque malgré une ambiance aux apparences très calmes, ce livre comporte quand même quelques agissements et rebondissements qui rendent la lecture piquante.

En résumé c’est un livre que j’ai beaucoup aimé, et je le conseille vivement même si cette ambiance d’obéissance aveugle est en tout point insupportable. (D’ailleurs ça paraît incroyable d'imaginer qu'a une époque les gens pouvaient être aussi arriérés et si encrés dans la pensée de Dieu.) Mais quoi qu'il en soit, vous allez vous régaler si jamais vous l'ouvrez.

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22 avril 2012

Extrait du tome 3 de 1Q84 de Haruki Murakami.

Extrait du tome 3 de 1Q84 de Haruki Murakami.

 

"Les membres de la famille d'Aomamé -du point de vue d'Ushikawa, bien entendu- étaient des gens qui avaient des idées étroites et qui menaient une vie bornée, et qui croyaient sincèrement sans l'ombre d'un doute, que plus leur esprit était étroit et bornée, plus ils approcheraient du paradis."

 

"La foi authentique et l'intolérance sont souvent les deux faces d'une même médaille."

 

Petit avis : J'ai été déçue par ce dernier tome. Même s'il a été le meilleur des trois, il est encore décevant, je trouve qu'il manque d'action. En effet j'ai trouvé ça très long, répétitif, et lourd de métaphore trop nombreuses et inutiles, sans compter qu'il est finalement très incomplet ; je me demande même si c'est bien le dernier tome, et du coup une trilogie. En bref, il n'a pas répondu à toutes mes questions et mes attentes. Une trilogie qui a fait beaucoup de bruit pour rien.

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10 novembre 2011

"1Q84, tome 2 : Juillet - Septembre" de Haruki Murakami.

"1Q84, tome 2 : Juillet - Septembre" de Haruki Murakami

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Résumé :

Le Livre 1 a révélé l'existence du monde 1Q84.

Certaines questions ont trouvé leur réponse.
D'autres subsistent : qui sont les Little People ? Comment se frayent-ils un chemin vers le monde réel ? Pourquoi deux lunes dans le ciel ? Et la chrysalide de l'air, est-elle ce lieu où sommeille notre double ?

Mon avis :

Contrairement au premier tome qui était une mise place de l'histoire et que j'avais trouvé par moment un peu trop long, je dois dire que j'ai bien plus accroché avec ce tome deux. Bien qu'il ait à mon goût toujours trop de répétitions, de longueurs, ainsi que trop de références au sexe, -qui ne sont pas franchement utiles-, ce tome nous révèle enfin quelques points essentiels de l'histoire amorçaient dans le tome précédent, même si finalement ça reste encore assez flou. En effet, malgré le fait qu'on en apprend un peu plus sur le point central de la trame, les Little People, on ne découvre pas encore leur véritable enjeu dans ce scénario, ce qui peut peut-être décevoir le lecteur dans ses attentes par rapport au tome 2. Cela dit les quelques révélations, ne sont pas si mal ! même si incomplètes, on va dire...

Ici, Aomamé tue une dernière personne, et Tengo découvre à son tour les deux lunes. Malgré quelques bouleversements certainement dû aux Little People. Pourquoi ? Mystère..., - et je dois avouer que ce mystère me dérange pas mal. Savoir qu'il arrive des choses sans savoir pourquoi, c'est horrible ! - on suit toujours, le cours plus ou moins tranquille de la vie de nos deux personnages dans le monde 1Q84, ce qui peut vite se montrer guère différent du premier tome au final... Mais attention je ne dis pas qu'il ne se passe rien ! Au contraire ! Des choses ou des gens, apparaissent et disparaissent, mais disons que pour moi, à part deux trois scènes clés, le reste du livre n'a pas vraiment un grand intérêt, puisqu'on retrouve un peu l'esprit du tome 1 ; même si ce n'est pas désagréable à lire pour autant.

Néanmoins, un point positif, si comme moi vous avez eu du mal à vous attachez aux personnages dans le premier tome, celui-là pourra éventuellement, vous les rendre moins distants, voire plus réels. L'auteur n'insistant pas, comme dans le début de cette trilogie, sur leurs qualités exceptionnelles.

En fait très sincèrement, je n'ai pas grand chose à dire sur ce tome, il se passe certes des choses, mais pas encore assez à mon goût. Bien que la fin soit étonnante en tout point, on sent que c'est un peu le tome trait d'union, si je puis dire, et que l'auteur garde tout pour le troisième, que j'irai lire assurément, parce que je veux savoir. Mais d'ici là, je vais prendre mon mal en patience et attendre 2012.

Je remercie les éditions Belfond et Babelio pour ce partenariat.

Extrait livre :

"Notre ombre, à nous, humains, est d'autant plus mauvaise que nous nous montrons ouverts et positifs. plus nous nous efforçons de devenir des êtres parfaits, magnifiques, méritants, plus l'ombre s'emploie précisément à rendre sa volonté sombre, mauvaise, destructrice. Que l'homme tente de se diriger vers la perfection, qu'il cherche à aller au-delà de ses capacités, et l'ombre dégringole dans les enfers, devient diabolique. Il est donc autant criminel, selon les principes de la nature et ceux de la vérité, de vouloir s'élever au-dessus de soi que de se tenir au-dessous de soi."

 

16 octobre 2011

"1Q84, tome 1 : Avril - Juin" de Haruki Murakami.

"1Q84, tome 1 : Avril - Juin" de Haruki Murakami

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Résumé :

Au Japon, en 1984.
C'est l'histoire de deux mondes, celui réel de 1984 et un monde parallèle tout aussi vivant, celui de 1Q84. Deux mondes imbriqués dans lesquels évoluent, en alternance, Aomamé et Tengo, 29 ans tous deux, qui ont fréquenté la même école lorsqu'ils avaient dix ans. A l'époque, les autres enfants se moquaient d'Aomamé à cause de son prénom, « Haricot de soja », et de l'appartenance de ses parents à la nouvelle religion des Témoins. Un jour, Tengo l'a défendue et Aomamé lui a serré la main. Un pacte secret conclu entre deux enfants, le signe d'un amour pur dont ils auront toujours la nostalgie.
En 1984, chacun mène sa vie, ses amours, ses activités.
Tueuse professionnelle, Aomamé se croit investie d'une mission : exécuter les hommes qui ont fait violence aux femmes. Aomamé a aussi une particularité : la faculté innée de retenir quantité de faits, d'événements, de dates en rapport avec l'Histoire.
Tengo est un génie des maths, apprenti-écrivain et nègre pour un éditeur qui lui demande de réécrire l'autobiographie d'une jeune fille qui a échappé à la secte des Précurseurs. Il est aussi régulièrement pris de malaises lors desquels il revoit une scène dont il a été témoin à l'âge d'un an et demi.
Les deux jeunes gens sont destinés à se retrouver mais où ? Quand ? En 1984 ? Dans 1Q84 ? Dans cette vie ? Dans la mort ?

Mon avis :

Deuxième essai avec cet auteur et en effet comparé Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, celui-ci est spécial, mais il paraît que cet auteur est doué pour ce genre là, donc je ne vous apprends pas grand chose.

Ce premier tome d'une trilogie promet une bonne histoire, cependant, puisque c'est un premier tome, on peut s'ennuyer en le lisant, voire même avoir du mal à rentrer dedans. En effet, malgré une histoire captivante et intrigante, une écriture simple, ce premier livre est un peu le tome de la présentation et de la mise en place, du coup on ne peut pas dire qu'il se passe grand chose de très intéressant. Surtout qu'on peut noter comme des répétitions dans la description des faits, ce qui peut être encore plus décourageant et donner une impression de ne pas avancer. 

Néanmoins, malgré tout cela il y'a assez de points troublants distillés dans ces pages qui retiennent l'attention du lecteur et qui fait qu'on n'abandonne pas pour autant la lecture ; Les Little People, le passage très subtile et mystérieux de 1984 à 1Q84, ou les deux lunes, sont de ceux-là, même si on se doute qu'il faudra au moins lire le deuxième tome pour avoir suffisamment de quoi se mettre sous la dent. Disons que là, Murakami nous donne juste droit à des petits indices, ainsi qu'à quelques révélations plutôt bien menées.

Niveau personnage maintenant, je n'ai pour le moment aucune préférence particulière et je n'ai pas grand chose à dire dessus. Si ce n'est le fait que Tengo et Aomamé me paraissent trop exceptionnels pour être des humains lambda. C'est simple pour moi dessus l'auteur en a trop fait. Leur manie de tout réussir et leur facilité à assimiler diverses choses, peut être particulièrement agaçant et de ce fait enlever le côté humain que Murakami a pourtant mis en place en décrivant leur vie, leur souffrance... Très franchement je trouve que les deux personnages principaux sont trop "trop" pour être vrais, du coup ben voilà je bloque un peu à ce niveau, et j'ai dû mal à m'y attacher, mais bon ça reste un livre...

En résumé, malgré la lenteur de ce premier tome (le second m'attend sagement), j'ai quand même hâte de lire la suite.

Je remercie aussi les éditions Belfond et Babelio pour ce partenariat.

 

Petit extrait : "Pour dire le fond de ma pensée, je ne peux considérer les Témoins comme une véritable religion. Imaginez que, lorsque vous étiez enfant, vous ayez été grièvement blessée ou très malade et que vous ayez eu besoin d'une intervention chirurgicale. Étant donné les principes des Témoins, vous seriez peut-être morte. Une religion qui va jusqu'à dénier la nécessité d'une intervention chirurgicale parce qu'elle prend les écrits bibliques au pied de la lettre, ce n'est rien d'autre qu'une secte. Il s'agit là d'une interprétation abusive du dogme."