Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

13 octobre 2010

Extrait du livre "Une soif d'amour"

Extrait du livre "Une soif d'amour" de Yukio Mishima

 

« Où en es-tu ? Ton bateau est sur le point de sombrer. Et tu n’as pas encore appelé au secours ? Ce bateau, tu l’as cruellement malmené et t’es ainsi privée de port. L’heure est venue où il te faut nager de tes propres forces. Tout ce qui t’attend est la mort. Est-ce là ce que tu souhaites ? »

Seule le souffrance peut ainsi servir d’avertissement. A sa dernière extrémité, son organisme avait tendance à perdre son support mental. Son désespoir était pareil à un mal de tête qui lui martelait le crâne comme s’il allait éclater, pareil à une grosse bille de verre qui, de sa poitrine, remonterait vers sa gorge. « Je n’appellerai jamais au secours », pensa-t-elle.

En dépit de tout, Etsuko avait besoin d’une dure logique. Elle l’aiderait à édifier une assise, qui lui permettrait de se dire heureuse.

Etsuko poursuivait le cours de ses pensées.

« Il me faut tout absorber… il me faut tout absorber les yeux fermés… Cette souffrance, je dois apprendre à la savourer… Le chercheur d’or ne saurait s’attendre à ne trouver que de l’or. Il doit ramasser le sable au hasard au fond de la rivière. Il n’a pas le privilège de savoir à l’avance s’il réussira. Il se peut qu’il n’y ait pas d’or du tout et il se peut qu’il y en ait. Mais une chose est certaine : celui qui ne va pas à le recherche de l’or ne fait jamais fortune. »

 

 "Une trop longue souffrance rend stupide, mais celui que la souffrance a rendu stupide peut encore connaître la joie."

Mon avis sur Une soif d'amour ici

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"Une soif d'amour" de Yukio Mishima : Folie & amour

"Une soif d'amour" de Yukio Mishima

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Résumé :

La jeune veuve Etsuko est amoureuse d'un domestique de la maison de son beau-père Yakichi, chez qui elle vit. Ses beaux-frères, belles-sœurs et leurs enfants vivent sous le toit de l'ancêtre, qui est devenu l'amant d'Etsuko. Une nuit, Etsuko donne rendrez-vous au garçon qu'elle désire. Comprenant enfin ce qu'elle veut, il se jette sur elle. Elle perd connaissance. Quand elle revient à elle, il s'enfuit. Elle le poursuit, le rattrape, le frappe d'un coup de houe et le tue - Yakichi était là. Roman d'une grande force sournoise, obscure et nerveuse, cette œuvre est une peinture d'une passion bridée par un milieu, mais qui finit par tout consumer.

Mon avis :

Ce livre est un bijou. Une perle de l'écriture, douce, poétique mais surtout juste, ainsi qu'une perle de la nature humaine. Les sentiments décrits dans ces pages sont sur le fil du rasoir, et pourtant les personnalités qui nous sont révélées, au cour d'une situation ou au fil d'une pensée, nous paraissent sans grandes ambiguïtés, ce qui est juste un tour de force.

Futurs lecteurs, dans ce livre vous allez découvrir que du néant, d'un rien, d'une envie, on bascule en quelque instant dans la folie, la passion, le meurtre... comme cela peut être le cas dans la vie réelle. Certes beaucoup de livre représente cette situation, mais là c'est autre chose je vous assure, puisque l'auteur représente en plus de cela, la contradiction, l'éloignement, le silence, le déchirement des sentiments.

Dans ce livre j'ai aussi particulièrement adoré, Etsuko, le personnage principal qui vit dans la torpeur depuis la mort de son mari. On la croit assez impénétrable et froide, mais finalement je l'ai trouvé très vraie et proche de nous. En effet l'auteur nous en dépeint un portrait psychologique très vivant, même si aux yeux des autres personnages elle paraît plutôt comme un arbre en train de se dessécher.

En ce qui me concerne, Etsuko m'a particulièrement touchée par ses sentiments contraires qui l'enchaînent, elle est tout à la fois, passionnée et désintéressée, elle ne sait pas trop où elle en est, et même si la passion l'envahit elle dégage une certaine léthargie aussi. C'est vraiment un personnage qui nous ressemble dans la détresse, assez pur, contradictoire et très fouillé. C'est LE personnage de ce roman et je n'oublierai pas de sitôt Etsuko vous pouvez me croire !

Petite précision avant de finir : le résumé concerne plus la fin du livre, avant cela toute une histoire est racontée et développée pour arriver à ce résumé. Mais peu importe ce détail, un livre d'une rare beauté qu'il faut lire.

Extrait du livre par ici.

 

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18 septembre 2010

"Les belles endormies" de Yasunari Kawabata. : Dodo, l'enfant do, L'enfant dormira bientôt.

"Les belles endormies" de Yasunari Kawabata.

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Résumé :

Dans quel monde entrait le vieil Eguchi lorsqu'il franchissait le seuil des Belles Endormies ?
Ce roman, publié en 1961, décrit la quête des vieillards en mal de plaisirs. Dans une mystérieuse demeure, ils viennent passer une nuit aux côtés d'adolescentes endormies sous l'effet de puissants narcotiques.
Pour Eguchi ces nuits passées dans la chambre des voluptés lui permettront de se ressouvenir des femmes de son passé, et de se plonger dans de longues méditations. Pour atteindre, qui sait ? au seuil de la mort, à la douceur de l'enfance et au pardon de ses fautes.

Mon avis :

Ce livre pas très épais est un petit plaisir à lire. Il est tendre, simple, émouvant, et à ma grande surprise assez pudique, je dois avouer qu'en lisant le résumé j'avais un peu peur qu'il soit scabreux, ce vieille homme Eguchi qui dort de temps à autre avec les fameuses Belles endormies, qui ne sont que de jeunes prostituées vierges au sommeil de plomb artificiel, me paraissait un peu voire carrément malsain, mais finalement non... Et bien au contraire et à ma grande surprise ! Car ce livre est avant tout chose écrit et pensée dans la douceur, enfin je trouve.

Les souvenirs sont tendres, tristes ou agréables, remplis de mélancolies, de remords ou encore de questions. Ce vieille homme Eguchi, reste malgré tout assez paisible et délicat en toute circonstance, et l'image que le texte développe -l'imminence de la mort et toute une vie de souvenir-, est abordée avec tellement délicatesse et d'une écriture si fine et simple, qu'on glisse sur la lecture comme un bateau sur l'eau. Tout dans ce livre, disons plutôt le fond du livre, respire la paix, sauf un peu la fin sans doute, et cela a été magnifique pour moi.

Une lecture que je recommande vivement et un grand auteur à découvrir. Prix Nobel de littérature en 1968 premier auteur japonais à le recevoir.

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08 septembre 2010

"Fragments d'une femme perdue" de Patrick Poivre d'Arvor

"Fragments d'une femme perdue" de Patrick Poivre d'Arvor

Fraguemment

Résumé :

Cette femme " perdue " - pour elle-même ? Pour l'homme qui l'aime, et qu'elle ne cesse de quitter ? - est ce qu'on appelle une femme fatale : singulièrement belle, vénéneuse, fragile, cruelle, insaisissable... Ici, elle se prénomme Violette, comme l'illustre "Traviata" de Verdi. Et ceux qui prennent le risque de l'adorer sont en danger - après avoir été en extase. Faut-il alors plaindre Alexis, la victime qu'elle choisit dans ce roman ? Ou faut-il l'envier ?

Mon avis :

Non qu'il soit nul ce livre me laisse un sentiment mitigé et cela pour deux raisons :

1- Je l'ai trouvé trop porter sur le charnel, il y a trop d'allusion au sexe.

2- Il est trop répétitif, on tourne assez vite en rond. La vie et les attitudes des personnages ne changent pas malgré deux trois petites choses qui arrivent par-ci par-là.

Mais hormis cela il n'est pas entièrement désagréable non plus. L'écriture est très belle, fluide, sans chichi, et elle sait faire ressortir la profondeur des sentiments et des personnages. Ce qui n'est pas si mal.

Cependant même si les personnages ont une certaine profondeur, je dois avouer que je ne les ai pas trop aimé, et en particulier Violette que j'ai détesté. En effet, malgré un début de présentation touchant, (dans sa jeunesse elle à souffert psychologiquement à cause de son père) cette femme fatale, manipulatrice et mythomane m'a finalement dégoûtée et énervée. Je n'ai pas aimé qu'elle joue et profite jusqu'à l'extrême de la faiblesse d'Alexis, qui s'appelle amour. C'est méchant et malsain d'agir ainsi.

Et d'ailleurs rien de bon en ressortira. Enfin surtout pour Alexis...

En même temps, on ne peut pas trop le plaindre celui-là, parce que c'est quand même beaucoup de sa faute si rien de bon n'en sort pour lui. Qu'elle idée de placer l'amour toujours plus haut !? Qu'elle idée d'entretenir cette utopie ? De s'accrocher à une nana comme elle ? Finalement, parce qu'il était aussi bête que ça, j'avais envie de le taper. Et du coup j'avoue que j'ai eu du mal à le prendre en pitié.

Ici, les personnages sont soit trop cons ou soit trop niais, et pour moi ce n'était pas possible.

En résumé, et même si ce livre est un peu chiant à lire, vous pouvez toujours le tenter. Je ne garantis pas qu'il plaise mais après je peux me tromper.

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29 août 2010

"Peter Pan" de James Matthew Barrie

"Peter Pan" de James Matthew Barrie

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Résumé :

Peter Pan enlève Wendy et ses frères. Il les conduit au Pays Imaginaire où il règne en maître sur les enfants abandonnés. La lutte contre le Capitaine Crochet est sans merci. La jalousie de la fée Clochette est sans pitié pour Wendy... Et le dévouement de Wendy pour les enfants sans mère est sans limite.

Mon avis :

Soit j'ai vieilli d'un coup ou alors j'ai rajeuni, je sais plus. Chose dont je suis certaine en tout cas, c'est d'être sortie de ce livre mélancolique et un peu déprimée, notamment à cause de la fin, où l'auteur décrit le temps qui passe inexorablement. Adieu enfance ! Snif. ^^

Mais malgré cet étrange sentiment, ce fût quand même un agréable moment de lecture ; déjà grâce à la façon d'écrire de l'auteur, j'ai particulièrement adoré quand il décrit les suppositions d'une situation pour revenir à la réalité du livre, j'ai eu l'impression que ça donnait un brin de réalité à l'histoire, et ensuite grâce aux nombreux personnages hauts en couleur qui habitent ce pays imaginaire, sirènes, pirates, indiens...

Bien que la fée Clochette est le personnage que je préfère, grâce à son mauvais caractère et à sa jalousie maladive. Cependant je dois dire que Peter Pan est le personnage pour qui j'ai eu le moins de sympathie. Il est trop chef-prétentieux à mon goût, et j'avoue que je n'ai pas vraiment aimé ce trait de caractère assez dominant chez lui.

En résumé que vous soyez grand ou petit, ce livre est à lire. Il vous apportera en plus d'un bon moment de lecture, l'aventure et le rêve qui vous manque, et si vous croyez connaître l'histoire grâce au dessin animé de Walt Disney, détrompez-vous, les deux versions sont assez différentes, oui je me suis amusée à comparer, ce qui m'a permis de connaître le DA en passant.

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26 août 2010

Rien, de l'ennui. C'est déjà pas si mal.

"A Mélie, sans mélo" de Barbara Constantine

barbara

Résumé :

Mélie, soixante-douze ans, vit seule à la campagne. Pour la première fois, sa petite-fille, Clara, vient passer les grandes vacances chez elle. La veille de son arrivée, Mélie apprend qu'elle a un problème de santé... Elle verra ça plus tard. La priorité, c'est sa Clarinette chérie ! Durant tout l'été (le dernier ?), Mélie décide de fabriquer des souvenirs à Clara. Des rigolos. Comme regarder pousser les bambous en écoutant La Traviata, chanter sous la pluie des chansons de Nougaro, goûter les mauvaises herbes qui poussent le long des chemins. Il y a aussi le vieux Marcel, qui va apprendre à Clara à faire de la mécanique... Et puis, comme la vie est vraiment dingue parfois, il y a Mélie qui va enfin rencontrer le grand amour... Cent cinquante ans à eux deux ? Mais quand on aime, on ne compte pas !

Mon avis :

Je n'ai pas aimé ce livre. L'écriture ne m'a pas plu, les personnages sont plutôt insipides et l'histoire est ennuyeuse comme c'est pas possible, la seule fois où j'ai souri c'est quand on apprend que la grand mère, Mélie, fait des pannes exprès à sa voiture ou à d'autres objets qui comportent un moteur, pour faire sortir Marcel de sa maison de retraite ; et
sur les 124 pages que j'ai lu alors que le livre en comporte 247 c'est pas énorme je trouve...
C'est pourtant enthousiaste que j'ai commencé ce livre, mais arrivée page 124 j'ai pas pu faire autrement que de lire en lecture rapide le reste, j'en pouvais plus de m'ennuyer.

Cependant je tiens quand même à préciser que j'ai été une des rares à ne pas aimer ce livre, beaucoup de personnes sur Livraddict l'ont apprécié, par conséquent il y a donc beaucoup de chance pour qu'il vous plaise.

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20 août 2010

"Le pays sans adultes" d'Ondine Khayat

"Le pays sans adultes" d'Ondine Khayat

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Résumé :

"La vie, c’est pas pour les enfants". Et certainement pas celle de Slimane, onze ans, terrorisé par son père, « le Démon », alcoolique et violent. Heureusement, il y a Maxence, son grand frère, qui invente pour eux un monde de soleil, de bonheur et de rire. Avec lui, Slimane peut tout supporter. Mais pas Maxence. Qui choisit de partir pour de bon au pays sans adultes.

Mon avis :

Première impression. Ce petit livre est bien mais sans plus. Les sujets sont plutôt bien traités et même si l'auteure n'est pas trop rentée dans les détails, on a bien l'état de la situation désespérée et catastrophique de cette famille. Néanmoins, c'est hélas un peu redondant, surtout dans la première partie et une bonne partie de la seconde, m
ême si la forme change, pour moi l'auteure raconte beaucoup trop la peur (tout le temps la même), les petits jeux et le désir des enfants, ce qui peux assez vite lasser.

Autre point qui m'a assez énervée et elle fait ça tout le long du livre, c'est l'utilisation à outrance d'images naïves pour représenter les états d'âme, les peurs, la colère... de Slimane 11 ans, le personnage principal qui raconte l'histoire.
 
Ces images ne collent pas avec l'âge de ce dernier, elles m'ont plus fait penser au raisonnement et à la vision d'un enfant de 8 ans qu'à un enfant de 11 ans, sans compter et c'est là le truc curieux, que Slimane parle par moment comme un adulte... Autant vous dire que là pour moi ça pêche pas mal et qu'en plus ça enlève le côté réaliste de l'histoire.

Mais hormis cela je n'ai pas grand chose à dire sur ce livre, il est simple à la lecture, il raconte une histoire que des tas d'enfants vivent et il se lit assez vite. Donc ma foi à lire si le sujet vous intéresse, mais ce n'est pas indispensable...

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16 août 2010

"Taxi pour un ange" de Tony Cossu

"Taxi pour un ange" de Tony Cossu

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Résumé :

As du braquage, Nando et ses frères d'armes sont connus dans toute l'Amérique du Sud. Mais Nando veut raccrocher et décide de partir pour l'Espagne. Le jour de son ultime hold-up, le hasard (ou le destin) met une adorable petite fille sur sa route. Dolorès a un regard irrésistible, elle déborde d'amour... et elle est orpheline. Comment Nando pourrait-il abandonner l'enfant, désormais livrée à elle-même ? Et que faire d'une fillette quand on est un gangster en fuite ? La vie, parfois plus que les hommes, vous met au pied du mur. Mêlant aventures haletantes, humour et tendresse, Taxi pour un ange est l'histoire de la rencontre magique entre un bandit au grand cœur et un ange aux grands yeux, dans un road-movie plein d'émotion, écrit en prison.

Top chronos :

Ce livre est pour moi un gros coup de cœur ! A peine fermé que j'ai eu envie de le relire. Ce roman hors du commun est tout mimi. L'amour qui uni Nando (le braqueur) et Dolorès (une petite orpheline) est particulièrement touchant et m'a fait sourire plus d'une fois. J'ai vraiment trouvé ça adorable qu'un braqueur devienne le père de substitution d'une petite fille, c'était chargé d'émotion sans pour autant tomber dans le ridicule. Encore que dans certaines parties le ridicule n'était pas bien loin selon moi ; quand par exemple Nando s'extasie sur Dolorès. Il en a sans doute eu un peu trop de fait là dessus, mais bon...

Outre cela et malgré un langage parfois grossier -qui ne m'a pas dérangé-, j'ai adoré ce livre et les personnages, et je le conseille vivement. Surtout quand on sait que l'auteur ressemble énormément à son personnage.

Ce livre a obtenu le prix intramuros 2010.

 

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12 août 2010

Extrait du livre "Tu pourrais rater intégralement ta vie"


Extrait du livre "Tu pourrais rater intégralement ta vie" de Toni Jordan


"On lit le compte rendu de la petitesse des gens chaque jour dans la presse : les uns accusent le conseil municipal parce que leur voiture heurte un feu rouge alors qu'ils conduisaient en état d'ivresse. Les autres poursuivent un restaurant parce qu'on ne les a pas prévenus que le café était chaud. Autant de gens qui n'acceptent pas que ce soit de leur faute.
Ça l'est, vous savez. Tout est toujours de votre faute, tout, tout, tout."

"Comme d'habitude je ne pouvais pas leur dire la vérité sur la vie de leurs enfants, ni sur la leur. Qu'ils sont daltoniens. N'ont pas l'oreille musical. Sont des fourmis qui traversent mon balcon en courant au lever du soleil pour le retraverser à son coucher. Qu'ils seront employés dans des bureaux et pour la plupart travailleront bien assez pour ce nourrir. Qu'ils rencontreront une autre fourmi du même ou de l'autre sexe, emprunteront plus d'argent que n'auraient imaginer leurs grands-parents, et mettront leur liberté en gage pour acheter une maison entre un jardin public et une gare de chemin de fer. S'ils se reproduisent, ils feront d'autres fourmis ouvrières pour assurer la croissance économique et le nombre de contribuables afin de payer plus d'hommes politiques et d'écoles de mauvaise qualité. Quand ils prendront leur retraite, ils ne recevront pas une montre en or mais une pension indéxée. Leurs enfants fourmis iront s'établir plus loin afin d'échapper à l'emprise de leurs parents, qui ne produiront plus rien. Les parents dépenseront leur misérable pension en pilules : celles contre l'arthrite, le diabète, les maladies de cœur, et la bleue à 4 faces qui leur permettra de bander ou mouiller encore pour se rappeler, pendant 4 minutes 2 fois par semaine, que le rut les faisait se sentir vivants. ils vivront leurs dernières années dans un dépotoir rempli de fourmis reléguées là, ils y regarderont fixement les murs et le plafond jusqu'à connaître chaque fissure et chaque éclat aussi bien qu'autrefois ils connaissaient leur propre visage de fourmi. Ils mourront sans souffrir grâce au progrès des thérapies médicamenteuses modernes, aussi engourdis et insipides qu'au cour de leur vie. Ce qu'ils possédaient sera dispersé et ils n'existeront plus. "


Mon avis sur ce livre ici

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06 août 2010

"La Petite Bijou" de Patrick Modiano

"La Petite Bijou" de Patrick Modiano

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Quatrième couverture :

"Quand j'avais sept ans, on m'appelait la Petite Bijou." Il a souri. Il trouvait certainement cela charmant et tendre pour une petite fille. Lui aussi, j'en étais sûre, sa maman lui avait donné un surnom qu'elle lui murmurait à l'oreille, le soir, avant de l'embrasser. Patoche. Pinky. Poulou. "Ce n'est pas ce que vous croyez, lui ai-je dit. Moi, c'était mon nom d'artiste." »

Mon avis :

C'est toujours septique que je lis les livres de cet auteur, car soit ils me plaisent et je les lis jusqu'au bout, soit ils me gonflent et là souvent je les laisse tomber, comme pour Un pedigree, encore que Remise de peine je l'ai fini.
En ce qui concerne ce livre, La Petite Bijou, c'est pour moi comme le roman Une jeunesse, l'écriture et l'histoire sont simples, il ne se passe pas grand chose non plus, ça traîne un peu par moment d'ailleurs, mais pourtant on va jusqu'au bout fascinait par les personnages comme par l'histoire. On veut savoir ce qui va arriver même si c'est pas gai mais pas triste non plus.

Quant à moi, j'ai surtout aimé ce livre car Thérèse dite la Petite Bijou est un personnage fragile. Elle se cherche, elle souffre, elle hésite, elle est en fait comme des milliers d'êtres humains, et finalement même si la situation nous ressemble pas, ce personnage lui nous touche dans son ensemble.

Petit bémol cependant, je trouve que parfois ce livre est un peu redondant. Pas au point de devenir chiant, mais bon parfois c'est un peu lourd. Je ne sais pas si l'auteur a voulu jouer avec l'obsession de Thérèse en répétant certaines choses, mais j'aurais quand même bien aimé voir arriver un fait nouveau, comme une remontée de souvenir par exemple ou autre chose, histoire de redonner un souffle au roman ; mais bon ce n'est pas grave non plus...

En résumé ce livre absolument pas épais et déjà sorti en poche, n'est pas du tout désagréable à lire.

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