Flûte de Paon / Livre-sse livresque

Livres, mots, poésies ainsi que d'autres petites choses...

31 août 2014

"Le ruban" d'Ito Ogawa

"Le ruban" d'Ito Ogawa

le ruban roman

Résumé :

Sumire est passionnée par les oiseaux. Quand elle trouve un oeuf tombé du nid, elle le met à couver et offre l'oisillon à sa petite-fille Hibari, en lui expliquant qu'il est le ruban les reliant à jamais. Mais un jour l'oiseau s'enfuit de sa cage, apportant joie et réconfort partout où il passe.

Mon avis :

IL n’y a que les asiatiques et particulièrement les japonais pour écrire ce genre de roman un peu excentrique au premier abord mais qui finalement se révèle très simple et profond.

Alors il est vrai que passé la magie de la découverte du livre, j’ai commencé à m’ennuyer assez rapidement sur cette lecture comme je le disais dans la page 100. La première partie s’étalant un peu trop dans le train-train quotidien de Sumire et Hibari, où, il faut bien dire qu’il ne se passe pas grand-chose et où les personnages restent un peu trop nébuleux à mon goût.

Néanmoins, passé toute cette partie de présentation et de train-train, au moment où Ruban prend son envol, le roman qui se transforme en nouvelle devient beaucoup plus intéressant à lire, car de là il possède une toute autre dimension. Une dimension plus furtive comme un vol d’oiseau, une profondeur plus proche de l’existence et de sa condition, avec ses surprises, ses bonheurs, ses déceptions, ses calmes et ainsi de suite.

A ce moment précis des nouvelles, c’est avec plaisir que j’ai quitté le monde intérieur d’une petite fille, pour toucher plus vastement celui de la vie humaine et ses vicissitudes plus graves. Néanmoins les retrouver sur la fin m’a énormément plu, car Sumire et Hibari ont quitté ce côté brumeux et inaccessibles, pour devenir plus réelles, plus mûres.

Bref. « Le ruban » d’Ito Ogawa, fait typiquement partie des romans qui enchantent, qui touchent (j’ai eu des fois ma larme à l’œil) le lecteur par sa simplicité et sa profondeur.

Mais au-delà de ça, « Le ruban » c’est aussi un roman où l’occident et l’extrême orient s’entremêlent, et c’est une autre partie de ce livre que j’ai adoré, puisque j’ai trouvé ce Japon occidental qui a les mêmes préoccupations que nous, mélangé à cet esprit calme et lucide qui sculpte la culture et l’identité du Japon. Personnellement j’ai vraiment senti et apprécié leur lucidité sur la condition humaine, qui est notamment magnifiquement représentée par les quelques phrases sur la rose. Et ça ma doublement plu car déjà je suis très proche de cette manière de vivre et de pensée, mais aussi parce que ça change des romans occidentaux que j’ai l’habitude de lire, et où tout a une fâcheuse tendance à tout se transformer en drame de fin du monde.

Dernier point qui m’a enchantée dans ce livre, le message qu’il comporte. A savoir cette idée que le bonheur ne doit pas être égoïste et prisonnier, qu’il faut savoir le laisser voler de ses propres ailes quand le jour sera venu. C'est une très belle leçon je trouve, et ça m'a beaucoup plu de la voir. D’ailleurs ce livre m’a rappelé ces quelques vers de William Blake que je trouvais très approprié :

 Qui veut lier à lui-même une joie

De la vie brise les ailes.

Qui embrasse la joie dans son vol

Dans l’aurore de l’éternité demeure

Enfin bref, c’est vraiment un livre que je recommande pour sa vision de la vie, ses blessures et ses guérisons. Pour cet espoir, cette lumière que représente cet oiseau. Pour ce fil ténu qui relie l’invisible au visible. Pour faire simple ce livre c’est une bulle de coton. Je suis conquise !

 

D'autres avis ici.


22 août 2014

"Zora un conte cruel" de Philippe Arsenault

"Zora un conte cruel" de Philippe Arsenault

zoar conte cruel

Résumé :

Campé dans un univers d'êtres maléfiques et de dégénérés, aux confins de la Finlande, cet ample roman conte l'étonnante histoire de Zora, fille d'un tripier égorgeur de vierges. L'enfant, très tôt orpheline de mère, est battue et humiliée par son père. Mais elle prend son mal en patience. A 16 ans, elle a la chance d'être demandée en mariage par l'alchimiste Tuomas, certes âgé de 84 ans, mais dont les manières élégantes détonnent dans cette forêt barbare. Cette nouvelle vie permet à Zora d'acquérir, grâce à une union platonique qui relève davantage du tendre apprentissage entre un maitre et son élève que de la vie de couple, toutes les qualités d'une jeune femme du monde. Une autre Zora est née, bien décidée à vivre des aventures extraordinaires et à rattraper le temps perdu... Elle ne sera pas déçue. Formidablement bien écrit dans une langue rabelaisienne où se mêlent l'humour et l'érudition, le grotesque et le fantastique, la cruauté et la poésie, le premier roman du Canadien Philippe Arseneault est digne des plus sombres poèmes de la mythologie nordique. Avocat de formation, Philippe Arseneault est aujourd'hui journaliste. C'est pendant un voyage de neuf ans en Chine qu'il a rédigé ce premier roman. Zora, un conte cruel a obtenu le Prix Robert-Cliche 2013.

Mon avis :

Lors de mon avis de la page 100 j’avais fait part de mon ennui sur ce livre, et bien je vous avouerai qu’en ce qui concerne la première partie de ce livre – à laquelle fait partie la page 100 – ça ne change pas. Je me suis vraiment vraiment ennuyée. Comme je le disais l’auteur fait d’innombrables digressions pour planter le décor, ce qui devient très vite agaçant car on a cette impression de ne pas avancer. Impression en plus renforcée par le fait que Philippe Arseneault raconte toujours la même chose avec force de détaille sordide dans cette partie ; l’enfance miséreuse de Zora, la conduite de son père, l’ambiance de l’auberge tenue par ce dernier…
Pour faire court, cette partie est une horreur, surtout que j’ai été très gênée par cette crasse vulgaire qui entoure cette partie initiale. Personnellement je pense que l’auteur aurait pu raconter cette misère, cette société en marge, sans passer autant par la saleté et la vulgarité. A titre d’exemple un passage qui m’a dégoûtée, le baptême de Zora. Enfin plus exactement la vieille folle qui l’a baptisée, et qui avant de passer sa main dans les cheveux salles de Zora et de lui donner un nom, se grattait ostensiblement la « fouine » et les seins. Honnêtement, où est l’intérêt de faire ça ? Où est l’intérêt d’être dégoûtant à ce point ? De raconter ça ? Ca n’apporte rien de plus à l’histoire, enfin de mon point de vu. Et le pire c’est que des choses dans ce genre-là on en a un paquet ! Parfois je vous jure j’avais l’impression d’avoir un adolescent attardé comme narrateur (désolée pour l’écrivain), mais passons…

Passons car on arrive à la deuxième et troisième partie de ce roman. Et là je vais vous surprendre car j’ai apprécié énormément ce livre dès cette seconde partie, et s’il n’y avait pas eu la première partie je pense que ce roman n’aurait pas été loin du coup de cœur.

Dans cette seconde partie, Zora a grandi et vit auprès d’un vieil homme qui prend soin de cette jeune femme qu’il a pris soin de civilisée. Dans cette portion du roman j’ai trouvé un charme anglais représenté par cette petite maison et l’ambiance au cœur des bois. L’odeur des petits pains, la nature, le confort douillet de ce petit foyer, change du tout au tout l’ambiance du départ, et pour moi c’est déjà que du bon.
Mais c’est encore meilleur, car dans cette partie le mystère de ce roman apparaît vraiment. L’intrigue est clairement là, et nous lecteur on peut enfin s’attendre à quelque chose de plus consistant et de mouvementé, qu’une succession de fait sans réelle importance ne laissait plus espérer. C’est donc ici qu’arrive Tero, jeune médecin qui est obsédé par une chansonnette étrange et qui l’empêche de dormir. Qu’on retrouve Glad l’Argus, le capitaine Boyaux et les aventures qui vont avec.
Maintenant dans cette partie j’ai été un peu déçue, car les aventures n’ont pas toujours été à la hauteur de ce que j’avais imaginé, comme celle avec Glad l’Argus, qui n’est ni plus ni moins qu’une joute verbale fantastique. Je m’attendais vraiment à quelque chose d’autre j’avoue.
Néanmoins cette partie est très prenante et très touchante malgré tout, surtout la fin qui se finit mal comme l’évoque très bien le titre, et même si j’aurai voulu une sorte d’happy-end, cette fin me convient très bien finalement.

En résumé c’est un livre qui n’est pas si mal passé la première partie, les mots, l’histoire créent énormément de charme, mais hélas pour bien en profiter il va falloir vous accrocher pendant toute la première partie. Cela dit il vaut bien 3 étoiles sur 5.

Je remercie en passant Lecteurs.com et par ici vous pouvez voir d'autres avis.

27 juin 2014

"Lapingouin: Les chocozoeufs de Pâques"

"Lapingouin: Les chocozoeufs de Pâques"

 

les chocozoeufs de paques

Résumé :

Moitié lapin, moitié pingouin, Lapingouin vit à Méli-méloin, un monde imaginaire où la nature hybride du héros et de ses amis évoque la richesse de la transmission et de la mixité, un monde où il fait bon être unique et différent... Rassurantes sans être infantilisantes, les illustrations sont aussi douces qu’elles sont attachantes. Parce que l’enfant est particulièrement sensible à la musicalité de la langue et parce qu’il possède un don pour l’inventivité avec le langage, jeux de rimes et néologismes ponctuent la lecture comme une drôle d’évidence et participent à la création de la “langue lapingouin”.

Mon avis :

Je n’ai pas grand-chose à dire sur ce livre étant donné qu’il est tout petit et se lit en 5 minutes. Cela dit, j’ai bien deux ou trois trucs à dire, rassurez-vous !

Tout d'abord, je veux m'arrêter sur les dessins qui sont justes magnifiques ! Sans mentir, c’est du bonbon pour les yeux ! C’est pastel, c’est sucré, c’est simple, c’est doux, c'est mignon, c’est onirique par cet effet vaporeux qui entoure les dessins. Bref, c'est juste trop beau !

Ensuite, l’autre point mi-positif de ce livre dont je voudrais vous parler, c’est qu'il est très imaginatif. Les dessins, les noms sont très amusants, et l’histoire est toute mimi par sa petite note gourmande et enfantine. Mais néanmoins dans ce point-là, il y a un petit problème, d'où le mi-positif.^^

En effet, autant j’ai trouvé les noms inventés assez amusants, mais autant des fois je n'ai pas compris l'utilité de quelques-uns de ces mots. Enfin ce que je veux dire c’est que je ne comprends pas l’utilité de les avoir inventés, comme c’est le cas avec « endodoillés », « jardoins », « sac-à-doin » ou encore « poussoin ». Selon-moi il ne rajoute rien à l'histoire.

Alors, je ne dis pas que c’est nul d’avoir fait ça, moi aussi parfois je m’amuse à déformer les mots ou en inventer, mais malgré tout, ces mots-là ne sont à mon avis pas supers, outre le fait qu'ils ne rajoutent rien à l'histoire, ils peuvent aussi, je pense, créer des difficultés de compréhension aux petits. Et c’est là le seul point négatif de ce livre pour moi, car à part ça il est génial ! Je recommande.

Je remercie Myboox et HC éditions pour cette découverte.

 

Posté par Florell à 16:17 - Livre jeunesse / Ado - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

11 mai 2014

"Etre un enfant en Egypte ancienne" d'Amandine Marshall

"Etre un enfant en Egypte ancienne" d'Amandine Marshall

être enfant en égypte ancienne

Résumé :

Il n'y a pas de société, pas de famille, pas de reconnaissance sociale sans enfant.. La façon dont les enfants étaient perçus, intégrés et élevés au sein de la famille et de la communauté établit les fondements même de la société égyptienne. Si la vie quotidienne des jeunes Egyptiens ayant dépassé le stade de la petite enfance est le propos central du livre, il ne sera toutefois pas question d'une plongée dans leur univers. En effet, les sources antiques émanent principalement d'adultes masculins peu enclins à s'intéresser à la condition d'enfant. Le ressenti des jeunes Egyptiens et tout ce qui se rapporte à la sphère affective ne pourra donc jamais être déduit des sources. En revanche, la confrontation de quelque 6 600 documents établis sur une période de 3 500 ans aboutit à une réflexion plus générale sur la perception de l'enfant dans la civilisation égyptienne. Quels enseignements peut-on tirer de la façon dont. l'enfant était représenté dans l'iconographie ? Comment était-il considéré par ses aînés ? Quels étaient ses rapports avec le monde adulte ? Quel était le quotidien d'un fils d'artisan ? Quel était celui d'un fils de fonctionnaire ? Quels jeux et jouets divertissaient les enfants ? Les enfants étaient-ils vraiment. enrôlés très jeunes dans l'armée comme plusieurs textes le soulignent ? Quels moyens étaient engagés pour protéger les enfants des maladies, des démons et des revenants ? L'enfant avait-il un statut particulier au regard de la loi, de la société et à celui de l'Etat égyptien ? Richement documenté et illustré par presque deux cents planches et dessins, cet ouvrage offre un éclairage inédit sur l'enfance en Egypte ancienne.

Mon avis :

Comme vous le savez sûrement j’aime beaucoup lire les documentaires et particulièrement ceux sur l’histoire qui peuvent m’apprendre un tas de chose. Etant grandement passionnée par cette matière ces livres sont pour moi un véritable plaisir à lire et non une corvée. Ben là pourtant ça a été moitié-moitié. Disons que pour faire simple les deux premiers chapitres m’ont vaguement intéressée, je les ai trouvés très long et pas toujours intéressants, alors que tous les autres étaient franchement bien.

Alors certes le sujet, que ça soit au début ou à la fin du livre, était toujours les enfants en Egypte ancienne, mais à mon goût j’ai trouvé qu’à partir du chapitre 3 les sujets développés étaient vraiment agréable à lire, car ils étaient clairement une fenêtre ouverte sur la vie des enfants en Egypte ancienne, contrairement aux deux premiers chapitre qui étaient plus « superficiels », plus axés sur le physiques et le symbolique, personnellement en tant que lectrice lambda, qui ne fait aucune thèse sur l’Egypte ancienne, savoir qu’ils portaient des chaussures, se coiffaient de telle manière, portaient des bijoux, etc, etc… me passait un peu au-dessus de la tête je dois dire.

Alors qu’à l’inverse, découvrir la place des enfants dans la société, leur apprentissage, leur jeux, (il y a même des contes résumés dedans qui sont très intéressants à découvrir), leur droit… m’a réellement intéressée puisque ça donnait vraiment un côté utile à ce sujet pour mieux comprendre cette société. Même si comme le dit sans arrêt Amandine Marshall, rien ne peut être affirmé avec certitude, les sources étant devenues peu fiables et incomplètes à cause des pillages, du temps, des anciennes fouilles archéologiques peu scrupuleuses du détail… Ce qui d’ailleurs est un peu agaçant, parce que quand j’ai fini ce livre, j’en suis venue à me dire : « Tout ça pour ça ?! » Alors bien sûr là je ne peux pas accuser l’auteure d’être incomplète, elle a fait avec ce qu’elle a pu, - et c’est même plutôt bien fait, il y a des tableaux, des dessins, des photos pour mieux cerner le sujet ce qui est génial-, mais quand même c’est frustrant de ne pas réellement savoir. Alors peut-être que beaucoup d’entre vous en auront rien à faire, mais moi j’avoue que ça me chagrine. Enfin bref. 

Comme vous le voyez et pour résumer, ce livre me laisse un sentiment mitigé. Oui il m’a plu car j’ai appris beaucoup de chose, (même si certaines choses me paraissent un peu de deuxième importance), et oui il me laisse sur ma faim car trop de doutes subsistent. Néanmoins je vous le conseille si le sujet, ou plus vaste l’Egypte ancienne, vous intéresse. Cela dit pour moi, qui suis une lectrice quelconque, je trouve que ce bouquin n’est pas fait pour un lecteur lambda ; même s’il est facile d’accès, il reste quand même très historique, très scientifique, alors oui vous (lecteur lambda) pouvez le lire (la preuve je l’ai fait), mais je pense quand même qu’il trouvera plus sa place auprès des archéologues, des savants… D’ailleurs il leur sera plus utile qu’à moi je pense, mais bon ce n'est pas pour autant que vous ne pouvez pas le lire. :)

Je remercie en passant les éditions Rocher pour leur gentillesse.

06 avril 2014

"Charly 9" de Richard Guérineau adaptation en BD du roman du même nom de Jean Teulé.

"Charly 9" de Richard Guérineau adaptation en BD du roman du même nom de Jean Teulé.

 charly 9

Résumé :

Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint-Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond.

Mon avis :

Je n’ai pas lu le livre de Teulé dont est adaptée cette BD, donc je ne pourrai pas vous dire si la BD est fidèle au livre, néanmoins pour ce que je connais du style de Teulé je dirais que oui, hélas… Hélas car les images un peu beaucoup osées, m’ont dégoûtée, et comme ce côté un peu cru je l’ai déjà lu dans le livre Le Montespan, j’en déduis donc que cette BD est fidèle au livre de l’auteur Charly 9. Mais passons, car malgré ces quelques passages, j’ai quand même passé un agréable moment visuel. Les dessins sont sympathiques, bien que parfois hallucinants comme la représentation de la Reine Margot en gothique ou le clin d’œil à Lucky Luke.

Mais le plus important dans cette lecture, reste l’histoire de cette BD, qui est bien sûr inspirée de celle du roi de France Charles IX, le roi de la Saint Barthélemy. Alors même si on connait d’avance les grandes lignes de l’histoire, la lire et la voir reste quand même terrible, puisque dedans ressort à merveille le sang, la folie, des personnages.

De plus, un autre point agréable du scénario, c’est que l’auteur a fait ressorti dedans certaines « anecdotes » historiques, comme Le traité du Roussillon signé par Charles IX qui voit la naissance du 1er janvier qui devient date officielle du début d’année (qui était avant cela au 1er avril), la fausse monnaie (ce passage m’a trop fait penser à celui de Kaamelott avec la fausse monnaie de Venec), ou encore le muguet du 1er mai, etc, etc…

Niveau personnage maintenant, et même si celui du roi reste sympathique et le principal, je dois dire que celui de la reine mère Catherine de Médicis est sans doute celui qui marque le plus l’esprit. Elle est super inquiétante. Au point d’ailleurs que cette BD n’aidera sans doute pas à réhabiliter le personnage que les historiens tentent depuis des décennies de décharger de sa légende noire.

Bon il vrai aussi qu’elle a tenu un rôle trouble dans la Saint-Barthélemy, mais si on lit cette BD sans connaitre ce qu’elle a fait avant ça pour apaiser les tensions, ça l’a fait vraiment passer pour une véritable sorcière, surtout que le fait qu’elle montre dans cette BD une certaine indifférence envers Charly 9 n’améliore pas cette image. Mais bon personnellement je n’oublie pas que c’est une BD tirée d’un roman. Un roman certes à tendance historique, mais très réducteur néanmoins. En effet réduire Catherine de Médicis à la Saint-Barthélemy, en faisant fi du contexte et même du reste, c’est bête avouons-le. Pas que je cherche à décharger les personnages historiques, ni à réduire l'horreur de cette nuit, mais c'est un évènement à prendre dans son ensemble. Et puis est-ce qu'ils avaient pu prévoir que cela s'étendrait aux provinces ?

Mais bon comme l’auteur n’a pas fait ce livre sous l’appellation « historien », je dois dire que le fait qu’il prenne des libertés ou ne raconte pas tout, ne me gêne pas tant que ça non plus. Après tout si je veux lire un livre sur ces personnages ou l’histoire, je sais que je dois taper dans les documentaires et non dans les BD ou les romans, même si avec ces derniers on peut apprendre beaucoup comme c'est le cas ici.

 

En résumé c’est une BD agréable à lire et à regarder.

 

Lu dans le cadre de l'opération PriceMinister

 

 

 

Posté par Florell à 22:22 - BD / Manga - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

02 avril 2014

"La vraie vie de Kevin" de Baptiste Rossi

"La vraie vie de Kevin" de Baptiste Rossi

la vraie vie de kevin

Résumé :

Vous êtes confortablement installé devant votre petit écran.
Les chaînes sont tristes, hélas ! et vous avez vu tous les programmes.
Rien ne vous impressionne plus.
Vous êtes blasé.
Vous pensez que le pire a été atteint depuis longtemps. Que toutes les ficelles – sexe, violence, émotion, amour, gloire et beauté – ont été définitivement usées.
Vous croyez qu’on ne saurait pousser plus loin la folie, l’absurdité, la cruauté de notre monde télévisuel.
Vous vous trompez.
Bienvenue dans La Vraie Vie de Kevin.

Qu’on le lise comme une satire, tour à tour burlesque et lyrique, des dérives de notre nouvelle société du spectacle, une comédie entre le Truman Show, Bret Easton Ellis et un Rabelais qui surferait sur Facebook, ou le portrait critique et clinique d’une génération perdue, ce livre est, d’abord et avant tout, une flamboyante déclaration d’amour à la littérature, qui annonce tambour battant l’avènement d’un jeune écrivain surdoué.

Mon avis:

La chose qui a fait que j’ai voulu lire ce livre est le résumé. Ne supportant pas le monde télévisuel pour la médiocrité de ses programmes, (enfin une grande partie de ses programmes), et n’ayant pas non plus la télé pour la seule et unique raison que j'en ai une très mauvaise opinion, je me faisais un bonheur de lire ce livre qui s'amusait entre autre à descendre cet outil pour bien montrer la décadence de la jeunesse et plus généralement de ce monde. 

Cela dit, malgré la bonne idée de ce jeune auteur, je n’ai pas tant adhéré que ça à ce livre, et pour deux raisons.

Premièrement l’écriture m’a un peu rebutée, et surtout ces passages qu’on retrouve un peu partout et qui ressemblent beaucoup à des listes de chose absurde, où ça parle de mail, Facebook, etc, etc… Certes ils ont une utilité, Baptiste Rossi veut bien montrer la médiocrité de ce monde, et surtout de cette jeunesse à moitié abrutie qui n’a pas grand-chose comme centres d’intérêt à part la télé, internet, les jeux vidéo et les copains, mais quand même ça fait vraiment un peu long à lire, en plus de casser le rythme de la lecture.

Ensuite deuxième point qui m’a dérangée, c’est que ce livre pousse un peu loin la critique. Ca en devient même une caricature, mais une caricature à laquelle on ne croit plus. En effet même si je n’ai jamais regardé ces émissions de téléréalité, je reste quasiment certaine que ça n’ira pas jusqu’à « On a échangé nos cancers », ou « La mère de Kevin va-t-elle mourir de son cancer » dans l’émission La vraie vie de Kevin, que l'auteur nous montre. Et vous voyez pour ma part c’est vraiment là le truc qui pèche, l’auteur va beaucoup trop loin pour appuyer sa pensée. Pourtant je la partage entièrement, mais là il est partie exactement dans le même délire que cette télé qu’il critique. Mais  sûrement qu’il faut plus retenir le message que regarder la manière dont il s’y prend, mais je n'y suis pas entièrement arrivée...

En résumé, ce n’est pas une lecture que j’ai apprécié, d’autres l’ont par contre beaucoup aimé, mais pourtant malgré tout je la conseille pour le message qu’elle porte, car même si pour moi l’auteur s’y prend mal, il vise quand même juste et ça je ne peux vraiment pas lui enlever. Après comme je n'ai pas la télé, il se peut aussi que je ne saisis pas toute l'ampleur du dégât de cette société de divertissement, c'est possible.

Je remercie en passant les éditions Grasset.

Posté par Florell à 21:40 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

28 mars 2014

"Le maïtre bonsaï" d'Antoine Buéno

"Le maïtre bonsaï" d'Antoine Buéno

 

antoine bueno le maitre bonzai

Résumé :

«Du plus loin que je me souvienne, il y a les bonsaïs. Au plus loin que je regarde, il y a les bonsaïs. Je n'ai ni passé ni avenir. En fait de souvenirs, je n'ai que quelques connaissances. Un jour, je suis arrivé sur ce territoire. Je le sais, je ne m'en souviens pas. C'était il y a longtemps.»

Un être hors de toute classification. Un étranger au monde. Curieux personnage que ce maître bonsaï vivant en suspension, comme ses arbres maintenus entre la vie et la mort. Un monde de solitude et de silence, un monde d'équilibre brusquement rompu par l'intrusion d'une jeune femme dans sa boutique. Bousculé par cette rencontre, il essaie de lui transmettre son art. Mais l'apprentie résiste, elle ne pousse pas droit. En même temps, à son contact, le maître bonsaï revoit son passé. La jeune femme glisse comme un bonsaï mal entretenu, et le maître bonsaï glisse vers ses origines.
Une histoire de contraintes et d'équilibre, de sagesse et de violence. Une histoire de Nature, et de nature humaine. Un roman étrange. Prophétique ?

Antoine Buéno est encore relativement jeune. Romancier et essayiste, chroniqueur télé et radio occasionnel, il enseigne l'utopie à Sciences Po. Il a fondé le Prix du Style en 2005. Le Maître bonsaï est son cinquième roman.

Mon avis :

Ce livre est complètement dingue ! J’avoue que j’ai eu du mal à rentrer dedans, trouvant le début un peu long, mais passé quelques dizaines de pages, j’ai trouvé que ce livre commençait à avoir de l’intérêt tout en devenant inquiétant. En effet que ça soit Bonzi ou la jeune fille, faut dire que niveau personnage ça vogue dans l’étrange. Entre questionnements, convictions, incompréhensions et découvertes (et quelles découvertes !) je vous assure que je suis tombée dans du jamais vu.

Bien sûr si on lit le résumé on ne voit rien d’extraordinaire en dehors de l’extrait d’une légende, et il est vrai de par ses bonzaïs que l’auteur à jouer la carte du naturelle et de l’équilibre, et de par ses personnages les cartes de la folie et de l’incompréhension, ce qui à première vue ne ressemble pas à un bouleversement. Pourtant dans ces pages l’histoire prend une dimension tellement hallucinante, que j’avoue rester encore étonnée par la finalité du roman, au point que je ne sais d’ailleurs toujours pas si c’est l’histoire du gars ou de la fille qui me marque le plus. Car celle du premier m’a donnée à la fin envie de vomir tellement elle est horrible, et celle de la seconde m’a littéralement époustouflée vu qu’elle se trouve hors du commun des mortels.

Non franchement là, alors que ça fait bien plus d’une semaine que j’ai fini ce livre, j’ai réellement un sentiment d’incompréhension qui me saisit à l’égard de ce livre que je n’arrive toujours pas à déchiffrer

Mais au-delà de l’histoire qui parle de mort et de renaissance, les personnages sont sans doute ce qui a de plus marquant dans ce roman. En effet, on a du mal à croire qu’un certain rapprochement va se faire entre ces deux-là, puisqu’à première vue tous les opposes. Et si on voit que quelque chose ne va pas et qu’on peut ressentir un certain agacement contre l’inertie de l’un et la détresse de l’autre, ils n’en restent pas moins des personnages agréables à découvrir et à suivre. J’ai d’ailleurs un faible pour la jeune fille, sa préoccupation sur la sauvegarde de la planète, m’a énormément plu, et je vous avouerai que parfois j’avais l’impression de m’entendre penser, comme dans cet extrait : « Avant faire des enfants c’est synonyme de vie ! Maintenant c’est synonyme de mort ! C’est ça que les gens ne comprennent pas ! Parce qu’ils sont pas informés ! Alors ils gardent leurs réflexes d’avant. Qui vont tous nous tuer. Parce qu’on grouille comme des cafards et que la terre n’en peut plus. Parce qu’une espèce ne peut pas proliférer comme ça. Un écosystème est un équilibre. Et si on n’arrête pas de se reproduire le rééquilibrage va être violent ! Quand je vois une femme enceinte, j’ai la haine ! Parce que c’est un monstre d’égoïsme, de conformisme et d’ignorance ! Pour son petit bien-être personnel, pour faire comme tout le monde elle participe à la fuite en avant ! Sans se poser de question, après moi le déluge, connasses ! Et même vos enfants, vous y pensez, connasse ?! Au monde dans lequel vous allez les jeter ?! Non pas du tout !... » Bref. C’est un personnage qui m’a énormément plu, mais « Bonzi » a aussi un côté agréable, le fait qu’il soit lointain de tout et ne semble pas en être très gêné n’est pas mal non plus.

Enfin pour résumer, c’est un roman que j’ai beaucoup apprécié malgré le début un peu difficile. A lire pour la découverte et les personnages.

Je remercie en passant les éditions Albin Michel.

Posté par Florell à 16:39 - Contemporain - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , ,

19 mars 2014

"La reine au moyen âge : le pouvoir au féminin XIV-XV siècle" de Murielle Gaude-Ferragu

"La reine au moyen âge : le pouvoir au féminin XIV-XV siècle" de Murielle Gaude-Ferragu

la reine au moyen âge livre

Résumé :

À la différence de son encombrante rivale, Agnès Sorel, l’épouse de Charles VII, Marie d’Anjou, « reine sans gloire », reste dans l’ombre de l’Histoire. Elle n’est pas la seule. La plupart des souveraines des XIVe et XVe siècles – Jeanne d’Évreux, Jeanne de Bourbon ou Charlotte de Savoie – sont tombées dans l’oubli. Seules deux reines de cette période se détachent : Isabeau de Bavière et Anne de Bretagne, ancrées dans la mémoire de la « nation France », l’une par le rôle politique qu’elle joua, l’autre par son statut mythifié de dernière duchesse de Bretagne, qui, jusqu’au bout, se serait battue pour maintenir l’indépendance de sa principauté.

Or bien avant Catherine ou Marie de Médicis, ces femmes ont joué un rôle essentiel pour la Couronne, non seulement parce qu’elles portaient les destinées de la dynastie, mais encore parce qu’elles incarnaient, auprès de leurs époux, la majesté royale.

 Murielle Gaude-Ferragu redonne ici une mémoire à ces reines oubliées et s’interroge sur la véritable nature de leur pouvoir et sur leurs fonctions au sein de la cour et du royaume de France.

Mon avis :

Dans ces pages l’auteure va aborder tous les pans du pouvoir de la reine et même plus en parlant des légendes noires par exemple, pourtant là je me rends compte qu’il ne va pas être aisé de vous parler de ce bouquin car c’est une mine d’information ! Alors même si pour ma part tout n’a pas été une découverte, j’ai quand même appris beaucoup de choses intéressantes sur le pouvoir féminin au moyen-âge, et ce pour mon plus grand bonheur.

Pour en revenir au sujet du livre, ce qui est avant tout agréable dans cet ouvrage c’est que l’auteure a réellement fait un travail d’historienne, elle ne s’est pas seulement contentée de raconter des anecdotes ou des histoires de couche et de maitresse comme beaucoup le font en ramenant la fille à une intrigante, une diablesse… qui a soif de pouvoir. Non. Murielle Gaude-Ferragu va vraiment replacer la reine dans son rôle de l’époque, qui variera quand même selon les règnes, je précise.

Alors certes et malgré tout, les femmes de l’époque et même la reine n’étaient pas épargnées par l’image que l’église et Aristote en donnaient, et ce qu’on attendait surtout d’une reine s’était d’être vertueuse, douce, charitable, protectrice… (l’image de la sainte Vierge), en plus d’être un ventre. Mais pourtant malgré ce rôle très réducteur et malgré la Loi salique, l'auteure va nous montrer que la reine a malgré tout été inclue au pouvoir royal exercé par le roi. Cela commençait d’ailleurs par le mariage qui était jeu d’alliance, de richesse, et de territoire, pour ensuite continuer sur un réel droit politique, notamment en cas de croisade, de maladie, de guerre, ou de régence par exemple, où là elle possédait souvent les mêmes droits que le roi. Dans les autres cas, elle avait quand même le droit de grâce, le droit de calmer le jeu entre pays en guerre ou encore le devoir de protection envers l'église et son peuple, ce qui montre quand même qu'elle tenait un rôle et n'était donc pas que bigoterie et broderie.

D'autres points qui montrent l’importance de la reine vont être ici développés, comme le sacre, les obsèques, ou encore l’arrivée dans les grandes villes. Mais mieux que ça et que la question du pouvoir, l’auteure va aussi développer dans ce livre ce qui fait la journée de la reine ; ses actions charitables, ses mécènes, ses rapports avec les enfants royaux, ses dépenses, la manière dont se déroulent les deuils, etc, etc… Ceci dans le but de nous faire réellement découvrir les reines dans leur totalité, et leur place dans la société.

Néanmoins malgré cela, on ne pourra pas s'empêcher de remarquer qu'à la différence des reines antérieures ou postérieures, celles-ci paraissent fades. En effet, si on les compare à Brunehaut (qui était une femme coriace, je ne me suis toujours pas remise de la lecture de sa bio.), Catherine de Médicis en tant que régente, ou même à des souveraines étrangères, faut bien avouer que ces reines du moyen âge tardif ne sont pas aussi éclatantes que ces dernières, mais cependant, même fades elles n'étaient pas inutiles, et l'auteure s'engage à le démontrer.

Pour résumer, je vous conseille vivement de lire ce livre qui se lit très facilement et qui est très instructif car je vous assure qu'il en vaut la peine, de plus comme ce n'est pas un sujet très répandu il y a fort à parier que vous allez apprendre plein de chose.

Je remercie en passant les éditions Tallandier pour leur gentillesse.

10 mars 2014

"La fin du monde a du retard" de JM Erre

"La fin du monde a du retard" de JM Erre

la fin du monde a du retard

Résumé :

La Fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.

Mon avis :

Je classerai ce livre dans un genre qui en réunit plusieurs, à savoir le policier, le parodique donc automatiquement comique, et enfin le genre « manuel pour écrire un livre ».

Déjà « le manuel pour écrire un livre » parce que l’écrivain n’hésite pas à montrer et utiliser toutes les grosses ficelles prévisibles qui font les romans, comme quand il dit page 375 ceci : « Après une petite ellipse temporelle destiné rythmer le récit à l’approche de la fin… » - et sachez qu’il en joue et abuse tout le long, mais comme il le fait d’un ton un peu désabusé et drôle ça reste très agréable à lire ; et ensuite « parodique – comique » parce que premièrement ce livre est une parodie des romans à suspense genre Da Vinci code ou encore Le dernier pape, et comique car c’est ponctué de phrase, d’image… qui fait que toute cette histoire tourne très vite en dérision. Et là je vais vous citer quelques passages pour illustrer ce que je dis, mais il y en a bien d’autres qui sont excellents, sachez-le.

« Une heure auparavant, le jeune prêtre avait découvert à la télévision les portraits d’Alice et Julius et avait téléphoné à la police pour les dénoncer, car il ne maîtrisait pas encore toutes les subtilités du concept de charité chrétienne. L’abbé Saint-Freu avait surpris la conversation et avait appelé de l’aide pour maîtriser le Judas qui se débattait comme un beau diable malgré quelques coups d’encensoir bien placés. Pour le calmer, il avait fallu le plonger dans la vasque d’eau bénite et lui offrir de battre le record d’apnée en milieu  urbain. Puis il s’était laissé ligoter sans rechigner car on fait moins le malin en état de détresse respiratoire », ou encore : « Elle se pencha sur Julius, endossa son rôle de la Princesse charmante et posa ses lèvres sur les siennes. Alors il se passa que qu’il se passe dans les plus beaux contes de fées, même si d’habitude c’est la fille qui ronfle : le bel endormis se réveilla. » Bref. Comme vous le voyez ce livre fait ouvertement fi des codes et des images des romans, contes… traditionnels, et ce pour le plus grand bonheur des lecteurs.

Cela dit, s’est vrai que ce ton comique peut par moment lasser, disons que à certain moment ça fait un peu lourd, et surtout quand le roman souffre d’un petit coup de mou, comme au moment de l’hôtel par exemple (là j’avoue que je me suis fait un peu chier), néanmoins rassurez-vous, ce n’est pas une impression qui est restée longtemps, car c’est quand même un roman qui bouge vite et qui ne manque pas d’action ni de révélation, faut bien le dire ; et heureusement car quand je suis arrivée à ce moment-là du livre (l’hôtel), j’avoue que je me suis demandé s’il y avait une histoire consistante derrière cette parodie et ce comique sans fin, et il y en a une comme le montre la suite. Ouf ! Car si ça n’avait pas été le cas je crois que j’aurai abandonné.

Quant aux personnages là aussi on a du lourd et une sacrée foire, dans ce livre Paris passe pour une ville de barge. On a deux amnésiques qui ont une fâcheuse tendance à vivre des explosions, deux policiers, un jeune et un presque retraité qui se tirent dans les pattes à longueur de temps, un geek pas très doué (surtout en déguisement), et deux journalistes qui n’ont vraiment pas de chance, la preuve : « Quand il entendirent retentir l’alarme incendie et virent une fumée noire venir renifler les petits-fours au gluconate de potassium, Albert et Raoul se jetèrent un regard las. Le destin semblait jouer avec eux depuis quelques jours et ils se demandaient quand il se choisirait d’autres victimes. Peut-être auraient-ils dû mourir à la clinique ? Peut-être la mort les poursuivait-elle parce que leur heure avait sonné et qu’ils s’étaient débrouillés pour l’éviter depuis quatre jours ? Peut-être devaient-ils arrêter de raconter n’importe quoi et s’enfuir au plus vite ? ». On rencontre aussi deux bonnes-sœurs qui fabriquent des faux billets de banque, un curé qui emmerde nos deux héros avec sa messe en latin, une vieille qui voit le complot partout, et un pigeon estropié. Enfin bref, comme vous le voyez c’est une véritable foire, du vrai n'importe quoi, et même si ça parait gros comme ça et même abusé, ben sachez que ça passe très bien, même si là on a plus trop envie de se balader dans les rues de Paris après.

Enfin bref, et malgré deux longueurs (l’hôtel et la rencontre genre troisième type raté dans les égouts de Paris) j’ai beaucoup apprécié ce livre qui est un pur moment de détente. Donc je n'ai qu'un conseil à vous donner, lisez-le ! 

Je remercie en passant les éditions Buchet Chastel et Babelio pour ce partenariat, et pour m’avoir fait découvrir ce livre mais aussi cet auteur, car maintenant j’ai envie de tenter Le mystère Sherlock qui me tente vraiment beaucoup. (Ma phrase n’est pas française, mais on s'en fout !)

 

01 mars 2014

"Les derniers des fidèles" de Anne Boquel & Etienne Kern

"Les derniers des fidèles" de Anne Boquel & Etienne Kern

les derniers des fidèles

Résumé :

Fin 1817. L'Empereur est à Sainte Hélène depuis deux ans. Réfugié aux Etats-Unis, un de ses anciens compagnons, le général Charles Lallemand, entraîne une centaine de vétérans dans un projet fou : jeter en Amérique des bases d'un nouvel Empire, d'où l'on pourra, un jour, s'élancer pour libérer Napoléon. Mus par leur rêve, ces fidèles parmi les fidèles s'en vont fonder une colonie au Texas. Le chemin est semé de périls. Cernés par des Indiens cannibales et des pirates trafiquants d'esclaves, livrés à la mégalomanie d'un chef manipulateur, menacés de toutes parts, ils voient peu a peu se refermer sur eux les portes de leur cité idéale. Récit d'un épilogue oublié mais authentique de l'époque napoléonienne, incroyable trésor exhumé des archives, ce livre se lit comme un roman. Il fait revivre les doutes, les souffrances et les espoirs de ces illuminés superbes et pathétiques qui, parvenus à ce point où l'héroïsme confine a la folie, l'utopie à la secte et la foi à l'absurde, ont cru pouvoir changer le cours de l'Histoire.

Mon avis :

Dans l’ensemble ce livre est agréable à lire, même s’il faut le dire l’histoire de ce Champs d’Asile reste dans l’ensemble sans grand intérêt, c’est d’ailleurs sûrement pour cela que cet épisode est un peu oublié de l’histoire. Néanmoins d’un point de vue historique il reste assez bien fourni et exhaustif malgré les sources « rares », enfin je crois, car ce n’est pas un épisode que je connais sur le bout des doigts.

Cependant et malgré la découverte de cette histoire, ce livre reste à moitié ennuyeux à lire. Déjà parce qu’il ne se passe pas grand-chose, mais aussi parce qu’on sait d’avance que cette entreprise est vouée à l’échec. Certes on découvre le déroulement de ce projet, et les limites que l’utopie a vite rencontrées, mais malgré cela on s’ennuie un peu quand même, et c’est là sûrement le seul point faible de ce livre, car outre cela cet ouvrage reste très instructif, clair et facile à lire.

D’ailleurs quand on le lit, on a un peu l’impression de lire un roman d’aventure style L’île au trésor, puisqu’en effet on y rencontre des cannibales, des soldats, des commandants et des capitaines qui se tirent dans les pattes, une faune et une flore sauvages et hostiles, etc, etc… Ce qui du coup, fait que parfois on oublie un peu que l’on lit un livre qui se classe dans les documentaires et non dans les romans.  Même si, il faut le dire, l’écriture ne possède pas le rythme d’un roman, en même temps j’avoue m’être bien fait chier avec L’île au trésor, comme quoi tout n’est pas qu’une question d’écriture…

Néanmoins malgré cela, la lecture -même si comme je l’ai dit on peut s’ennuyer par moment- reste agréable. Prendre connaissance des gens qui se sont fatigués pour rien, voir des hauts placés s’inquiétaient (un peu) sur ce petit groupe inoffensif au final, et savoir qu’en plus après d’autres sont parvenus à dompter cette nature, ce livre qui sonne comme une farce apporte le plaisir de la découverte. A lire avant tout par curiosité.

Je remercie en passant les éditions Flammarion et Babelio pour ce partenariat.